| Les jeunes Asiatiques entre deux calendriers |
Le cœur des jeunes Calédoniens d’origine vietnamienne balance. Ce soir, pour la fête du Têt, certains feront la fête, d’autres pas.
Ce soir, l’Asie fête le passage à l’année du Rat. Cette manifestation sera célébrée en grande pompe par la communauté vietnamienne, qui organise sa traditionnelle soirée à l’amicale, route de Tina. Si l’événement est largement suivi par les anciens, les jeunes Calédoniens d’origine vietnamienne ne semblent pas tous accordés sur le même calendrier.
« Ma mère m’a invité à l’amicale, mais j’ai refusé. Je ne vais rien faire de spécial. J’ai été élevée à l’européenne, alors la fête du Têt, ça ne signifie pas grand-chose pour moi », explique Corinne N’Guyen, arrivée du Vietnam à l’âge de six ans.
Les jeunes moins concernés
Christian n’a jamais vu le Vietnam qu’à travers sa maman. Lui aussi a été élevé « à l’européenne », mais ce soir, il fêtera l’événement en famille, autour de plats traditionnels. « C’est plus important pour moi que le nouvel an du premier janvier. D’ailleurs, plus je vieillis, plus j’ai envie de me rapprocher de mes origines », concède ce jeune homme d’une trentaine d’années. Lucien N’Guyen, 31 ans, et depuis vingt ans dans le pays, constate, lui aussi, que la tradition est une histoire d’âge. « Pour moi, c’est important, mais les plus jeunes se sentent moins concernés. J’espère que, plus tard, ils se rendront compte que c’est important de garder sa culture. » Concernés ou pas, tous les membres de sa famille se retrouveront ce soir pour déguster les spécialités culinaires et faire la prière bouddhiste.
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