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  Provinces > Province Nord > Belep - 19/04/2008    
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Avis de tempête sur mine à Houaïlou
La visite, hier, de l’expert mandaté par le tribunal de Koné, n’y changera rien. La coulée de boue de la mine de Monéo qui s’est échouée sur le platier de la presqu’île Lebris, à Houaïlou, en janvier dernier, continue de polluer le secteur. Au propre comme au figuré.

2 janvier 2008. Un merlon naturel se rompt sur la mine de Monéo, à hauteur de la carrière Aurore, entraînant une gigantesque coulée de boue qui atteint directement la réserve maritime naturelle de la tribu de Ba. 21 000 tonnes de gravats à forte teneur en cobalt se répandent sur le platier jusqu’alors préservé. Presque quatre mois après les faits, les travaux d’évacuation n’ont pas commencé. « La moitié est déjà partie dans le lagon, s’insurge Florent Eurisouké, le président de l’association autochtone de sauvegarde de la nature Mèè Rhaari. Plus on attend, plus on pollue. »
Le 6 février dernier, les établissements Ballande, par le biais d’un accord tripartite avec l’association et l’entreprise Endel, se sont pourtant engagés à « une réparation en urgence de la catastrophe ». Hier, devant l’expert mandaté par le tribunal de Koné pour réaliser une expertise sur les conséquences de l’accident, Gilles Rouvray, le directeur administratif de la société des mines du Cap Bocage, venu représenter Armand Ballande, s’est borné à rappeler que les travaux commenceraient dès le rendu de l’expertise, soit au mieux vers la mi-juin. « On ne va pas s’arrêter là, prévient Florent Eurisouké. On ne veut pas d’argent. On veut seulement pouvoir continuer à pêcher, à aller chercher la langouste en janvier comme on le fait depuis des millénaires. » L’association entend faire de ce conflit « un cas d’école pour le pays en matière de respect de l’environnement » et « montrer aux entreprises minières qu’elles doivent faire avec le consentement libre et clair des populations locales ».

« Les entreprises minières doivent faire
avec le consentement libre et clair des populations locales 
»

Forts de leur bon droit, Clément Eurisouké et ses amis ont décidé d’utiliser tous les recours légaux dont ils disposent. « Dans le calme et le respect, mais avec détermination. » Le 31 mars, ils ont fait réaliser par le service des pêches de la province Nord un constat de mortalité d’animaux marins. L’étude a porté sur un carré d’environ 100 mètres de côté entre le site de chargement et la pointe de Cap Bocage. Elle fait apparaître une mortalité massive d’holothuries grises ou de sable (biches de mer), d’araignées et de bivalves. « Des espèces qui, selon un biologiste présent hier, filtrent le sédiment » et qui sont donc directement exposées aux conséquences de la coulée de boue. « Tout est mort sur la zone d’éboulement. Et il faudra des années pour reconstituer l’écosystème de la zone. » Face à ce constat dramatique, Mèè Rhaari ne compte pas en rester là. Elle va diligenter une analyse de l’eau. Et attend avec une certaine impatience les résultats d’une étude de l’IRD, demandée par les établissements Ballande, sur le platier lui-même. En tout état de cause, la réunion contradictoire organisée, hier, par l’expert Michel Bailleau, n’a pas fait avancer les choses. Au contraire. « S’il faut aller jusqu’à fermer la mine, on le fera, prévient Clément Eurisouké. Nos vieux n’ont jamais donné d’autorisation écrite d’exploiter cette mine. Nous allons en appeler à l’État pour qu’il fasse respecter les termes du schéma minier. »

Le site n’a pas été nettoyé depuis la coulée de boue du 2 janvier. Une situation qui irrite les membres de l’association autochtone de sauvegarde de la nature Mèè Rhaari.

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