Les anciens se souviennent du domaine Tuband sous la forme d’un immense terrain de jeu. Des hectares de brousse vierge qui se sont transformés, en l’espace de cinq ans, en un quartier à part entière. Un quartier avec des logements sociaux et économiques intégrés à des réalisations de standing.
Au départ, le domaine Tuband c’est 60 hectares de terrain. Petit à petit, les lots se vendent et des habitations résidentielles se mettent à pousser comme des champignons. Mais la partie nord du terrain, qui comprend une vallée de 20 hectares, est largement squattée. Cent cinquante familles environ y vivent depuis plusieurs années. La province Sud et la ville décident, par l’intermédiaire de la Société immobilière de Nouvelle-Calédonie (Sic), d’y mener un projet global d’habitat urbain. Il s’agit d’assurer un développement cohérent de la ville en permettant le logement de familles de divers niveaux de ressources. Mais le projet a également une forte ambition sociale comme le rappelle Thierry Cornaille, directeur de la Sic : « Il s’agissait de tout mettre en œuvre pour favoriser l’intégration économique et sociale des familles qui occupaient le terrain. Ce qui passait notamment par un retour à l’emploi. Mais il nous a fallu trouver des solutions au cas par cas, chaque situation étant différente et complexe. »
Bien entendu, certains voient le projet d’un mauvais œil. Surtout les nouveaux propriétaires de logements résidentiels. Mais le programme est largement soutenu par, entre autres, Gaël Yanno et Sonia Lagarde qui y voient l’occasion « d’éviter les ghettos », comme le précisait cette dernière en 2002.
« De petites unités de 50 logements ont été privilégiées »
Les travaux, qui se déroulent par tranches, prennent du temps. Les squatters sont encore là et il faut trouver des solutions. En avril 2005, la Sic a déjà relogé dans son patrimoine 42 familles. Mais certaines refusent de partir et demandent à être relogées directement dans une opération de la Sic à livrer sur site, voire à bénéficier d’une opération spécifique d’accession à la propriété. « Nous avons eu de nombreuses discussions avec l’Association pour le droit au logement décent, fortement implantée sur le site, pour qu’elle établisse un relais auprès des familles et facilite le processus de relogement », se souvient Thierry Cornaille. L’ensemble des partenaires se mobilise afin de mettre au point des méthodes de travail exceptionnelles qui permettent, dès qu’une famille manifeste son accord, de procéder à un déménagement sous 48 heures dans des conditions satisfaisantes. En septembre 2005, il reste 49 familles sur site dont 20 sur la zone prioritaire de travaux. En octobre, la zone est libérée. Les familles ayant refusé un logement se déplacent sur une autre zone. En décembre 2007, les dernières familles sont relogées.
Après cinq ans de travaux, le quartier Tuband est quasiment à terme. 400 logements de standing côtoient actuellement plus de 300 logements locatifs en collectifs et des habitats des secteurs voisins qui regroupent des maisons individuelles et des petits immeubles. « Nous avons surtout mis l’accent sur la dimension humaine du projet. De petites unités de 50 logements environ qui ont été privilégiées, souligne le directeur de la Sic. C’est la taille idéale pour constituer des groupements associatifs de locataires. » Sont venus se greffer à ces logements, une école, un collège, des commerces... Il reste encore les tranches Tuband 7 et 8 à réaliser et une centaine de logements seront achevés d’ici la fin de l’année. Un plateau sportif est en cours de réalisation, une maison commune devrait voir le jour d’ici deux ans, l’autre moitié du collège sera achevée en 2009 et une station d’épuration est programmée pour 2010-2012. Un nouveau quartier sera né. Le dernier de cette envergure au cœur de la ville.
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