Discrets jusque-là, les défenseurs du futur poulailler industriel de la Ouenghi ont fait entendre leurs voix, samedi matin, devant la mairie. Cette vingtaine d’habitants et de professionnels voit ce projet comme une source d’emplois pour la commune, quand ses opposants s’inquiètent des risques pour l’environnement.
Un peu plus d’une semaine après la manifestation organisée par les opposants au futur poulailler de la Ouenghi, les défenseurs du projet sont montés au créneau, samedi matin, en installant leurs banderoles sur la place de la mairie. « Nous en avions marre d’entendre qu’une seule voix », indique Patrick Garrier, le patron de la future ferme, qui, jusque-là, s’était montré plutôt discret devant les micros et les caméras pour défendre son projet.
Depuis l’achat du terrain, il y a un an, des riverains craignent que l’implantation de poules en surnombre entraîne la prolifération de mouches dans la vallée et l’apparition de risques sanitaires. Ils pointent également du doigt les nuisances sonores et les risques de pollution pour la rivière de la Ouenghi. « Cette inquiétude est légitime, estime Patrick Garrier. Toutefois, on a placé la barre très haut en matière d’environnement. On arrive à un niveau bien au-delà de ce qui a été fait pour Goro Nickel ».
Et pour donner la preuve d’un projet respectueux des normes environnementales, l’entreprise dit avoir « choisi des cages plus grandes et équipées de perchoirs, qui ne seront obligatoires en Europe qu’en 2012 ». Patrick Garrier affirme également que « des contrôles de l’eau seront réalisés régulièrement par la Davar », ce qui en fera « la ferme la plus surveillée du territoire ».
Soutenu par des professionnels de l’agroalimentaire mais aussi par des habitants de la commune, l’entrepreneur est à la recherche de nouvelles signatures pour alimenter la pétition lancée il y a un peu plus de deux semaines. Près de quatre cents personnes ont accepté de signer le document.
« La vie est chère aujourd’hui. Nous avons besoin de travailler »
Leur motivation ? L’emploi. « Nous fournissons cette ferme en aliments. Demain, si cette implantation se fait dans un autre lieu, nous perdrons notre travail », s’inquiète Kiki Serge, employé de la Sica, une société spécialisée dans l’agroalimentaire.
Louis Thévedin, petit chef de Kouergoa, se dit, lui aussi,« favorable » au projet « parce qu’il va offrir des emplois aux pères de famille de la commune ».
« Nous voulons faire comprendre aux gens que nous avons besoin de travailler. La vie est chère aujourd’hui. Et il faut que nous occupions nos jeunes », souligne Léa Bondonneau, une habitante.
Entre les sept postes à plein temps dont aura besoin la ferme, et les emplois indirects liés à sa construction et son exploitation, Patrick Garrier veut créer une dynamique dans la commune, où, dit-il, « il y a 70 chômeurs, selon les chiffres de l’agence pour l’emploi (1) ». « Sinon, on peut aussi importer des œufs de Nouvelle-Zélande. Mais je ne pense pas que ce soit ça, le développement. »
(1) l’APE s’appelle aujourd’hui l’IDC-NC.
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