Tout le week-end, une odeur de fête est monté du champ de foire. Le nombre de visiteurs n’a pas déçu, un record, avec 24 000 entrées. Cette 31e édition, dans la lignée des autres, a connu un joli succès. La nouvelle présidente, Brigitte Hardel, a su réussir son pari.
Il fallait vraiment avoir envie d’y aller, à cette 31e foire agricole de Bourail. Samedi, dès 9 heures, les files de voitures n’en finissaient pas, certains mettront plus d’une heure pour atteindre le champ de foire !
Mais la patience a payé. La cascade d’animations proposées a satisfait les visiteurs.
Une fois qu’on avait réussi à se frayer un passage entre les poussettes, les claquettes et les cannes, on avait le droit au spectacle.
Samedi, les animaux primés la veille ont montré leur plus beau profil. Un à un, ils ont défilé devant les officiels présents en nombre et un public conquis par des bêtes de plusieurs centaines de kilos. Les novices n’en finissaient pas de s’étonner. « C’est impressionnant, je ne pensais pas qu’il existait des taureaux de cette taille ! », a lancé Patrick, venu de Nouméa découvrir les entrailles de la Brousse. Les cow-boys, stars incontestables de la foire, perchés sur leur monture, ont fait claquer leur fouet. Les plus jeunes, peu impressionnés par ces hommes au chapeau, applaudissaient à tout va.
Plus loin, les moteurs grondent. La foule se masse. Des fous du volant exposent leur talent dans la course de stock-car. Les morceaux de tôle volent, on se demande comment les roues de ces véhicules fantômes tiennent encore ! Un sacré spectacle à l’odeur d’huile de moteur bien particulière.
Pour reprendre son souffle, les stands de restauration ont su, par leurs odeurs alléchantes, attirer les gourmands : brochettes de cerf, bami et autres crevettes ont eu la cote. Et les restaurateurs ont vu leurs recettes bondir. « On a fait un bon vendredi, samedi c’était la folie, il fallait être fou pour venir ! » En revanche, dimanche, la faute au temps peut-être, à la tradition sans doute, les visiteurs bien moins nombreux ont laissé souffler les restaurateurs. Du côté des stands, même constat, qu’on soit vendeur de bijoux, de CD ou de produits locaux, la journée de samedi a été « formidable » ! Le dimanche, certains ont préféré quitter les lieux plus tôt que prévu, dommage.
« C’est une véritable vitrine du monde rural »
14 heures, samedi. Depuis une demi-heure déjà, la foule marche d’un même pas en direction du carré de rodéo. Bientôt, ces sportifs un brin déjantés vont faire le spectacle. Ils se préparent, la concentration est de mise. Première monte : le rodéoman ne tiendra que quelques secondes. Ils seront une trentaine à se succéder ensuite avec plus ou moins de succès. Mention spéciale au papy du rodéo, Jim Arsapin qui, à 60 printemps passés, s’est laissé tenter par la monte d’un bétail peu enclin à le laisser faire. Pas de gros bobos pour les compétiteurs, le spectacle a été beau.
Pendant ce temps, une maman se faisait du souci : son petit garçon a disparu. Les gendarmes en nombre sur la foire, pas moins d’une cinquantaine, entament les recherches, sollicitent les visiteurs. Pas étonnant que le jeune garçon, vu la foule massive, ait perdu de vue sa mère. Ce sera le seul incident notable durant cette foire, il sera retrouvé rapidement.
« C’est vraiment bien de voir les gens de tout le territoire se retrouver ensemble ici », s’est enthousiasmée Leila, la Miss Bourail fraîchement élue, « c’est une véritable vitrine du monde rural ! » Quant à la présidente, hier soir, elle était tout sourire. « Je comptais sur 15 000 personnes, elles ont été 20 000 à se déplacer. C’était une belle édition ! »
Authentique, la foire n’a pas déçu.
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