Jeudi soir dernier, à la salle du Colisée, Philippe Gomes le président de la province Sud, a présenté au grand public le projet relatif à la mise en valeur du Domaine de Deva. Dans la salle, pas d’hostilité mais de nombreuses questions.
Une centaine de personnes, en majorité les habitants de la commune, ont répondu à l’invitation des organisateurs. S’appuyant sur un diaporama, Jean-François Courty, chargé de mission à la province Sud, a présenté le projet de la mise en valeur du Domaine de Deva. Ce site fait partie du patrimoine provincial et représente l’une des propriétés d’un seul tenant les plus vastes en province Sud.
Au-delà de l’implantation récente du centre d’accueil permanent de Poé, la province Sud veut profiter des atouts de ce domaine resté vierge et de son fort capital environnemental pour mener un projet exemplaire. « On veut d’une part faire de Gouaro Deva un environnement protégé mais accessible à tous et d’autre part, en faire une référence du développement durable et de l’écotourisme dans le Pacifique », a souligné le président. « La province Sud est déséquilibrée. Il est important de faire un projet structurant, créateur de richesses dans le nord de la province Sud », a-t-il rajouté.
La reconnaissance du peuple kanak est également prise en compte dans ce dossier. Le projet d’aménagement prévoit l’installation d’un village historique et culturel kanak. « Ce village va permettre de retracer l’histoire des lieux dans la vallée tabou », a souligné Jean-François Courty. Cette initiative n’est pas pour déplaire au GDPL Mwe Ara qui a travaillé en étroite collaboration avec la province Sud sur ce projet. « Nous sommes très satisfaits. Il aura fallu quatre ans de dur labeur pour aboutir à un accord. Pour y arriver, nous avons même dû repositionner notre revendication de départ qui prévoyait un retour à la terre aux clans de la région, s’est félicité Tony Déa. Le chemin à parcourir reste difficile mais on pense qu’il faut avancer. Dans le cadre du destin commun, Il faut faire de Gouaro Déva un exemple pour la région et pour le pays. »
« Il est important de faire un projet structurant, créateur de richesses dans le nord de la province Sud »
Après la présentation du projet, la parole a été donnée au public pour qu’il puisse s’exprimer et donner son avis. Dans l’ensemble, les personnes présentes n’ont pas montré d’hostilité vis-à-vis de ce gigantesque projet porteur d’un grand nombre d’emplois directs et induits. Néanmoins, quelques inquiétudes, concernant le camping, la chasse, la protection des espèces emblématiques (tortues marines, dugong…) ainsi que l’extraction de sable, subsistent. Ces sujets ont fait l’objet de plusieurs questions. « Pourra-t-on encore venir installer notre tente gratuitement à Gouaro ? » s’est interrogé un jeune campeur, habitué des lieux. « Je suis avec vous pour ce projet et pour le développement. Mais je ne veux pas que l’on me prive de ma liberté. Je ne veux pas payer, je veux continuer à profiter de ce coin tranquillement », a déclaré une personne de l’assemblée. Il a été aussi question du garde-manger : « Avec la vie chère, beaucoup de personnes viennent chasser pour nourrir leur famille. Ce projet ne va-t-il pas leur couper l’accès à leur garde-manger ? », a demandé un chasseur.
Le président de la province Sud et Jean-Pierre Aïfa ont tenté de rassurer les quelques personnes encore inquiètes. « Ce projet qui n’est pas figé, nous devons le mener à bien. Il représente une image de la Calédonie de demain. L’échec serait horrible pour tout le monde. L’intérêt c’est de le porter tous ensemble », a conclu Jean-Pierre Aïfa.
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