| Le théâtre au collège pour contrer la drogue |
Hier, les élèves de quatrième du collège de Koné ont inauguré une nouvelle formule d’information sur les drogues mise en place par la province Nord, sur une proposition du vice-rectorat : le théâtre-forum.Objectif : faire prendre conscience aux jeunes des dangers de la drogue et les en préserver.
« On s’amuse, on se lâche ! On n’est pas là pour une interro, mais pour s’exprimer. » La scène se déroule à l’internat du collège de Koné. Face aux élèves de quatrième médusés : Philippe Corsenac, intervenant d’éducation pour la santé, et Stéphanie Bastita, éducatrice sanitaire sur la zone Koné, Poya et Pouembout. Bienvenue au théâtre-forum sur l’addictologie.D’abord intimidés, les jeunes prennent vite de l’assurance. Sur la scène improvisée, deux comédiens de Pacifique et Compagnie, Steev Maka.L et Sam Kagy, accompagnés de quelques collégiens, jouent les « mauvais exemples » : le frère qui fume tabac et cannabis et la sœur potentiellement influençable.
Avec, d’un côté, les consommateurs qui veulent entraîner les autres derrière eux et, de l’autre, ceux qui n’ont pas encore touché à la drogue. « L’écoute pas ! Le tabac, quand on commence, on peut plus s’arrêter », lance une collégienne. « Le cannabis, ça tue pas », lance un autre. Les saynètes, courtes mais très explicites, ont le mérite de faire sortir le vécu et les interrogations.
Réfléchir en s’amusant
Elles sont systématiquement suivies d’une phase de discussion et de mise au point. « On est aussi dangereux avec du cannabis que de l’alcool au volant », rectifie ainsi Philippe Corsenac. Deux heures durant, les jeunes vont ainsi parler de drogue. Sans tabou.
Et remettre les pendules à l’heure. « Ce mode d’éducation à la santé est très prisé des enfants et très efficace, explique Pascale Dominique-Ména, médecin-adjoint à la prévention à la province Nord. Il les amène à se poser des questions et leur apporte des réponses. Surtout, il leur permet de réaliser les risques encourus. Ils comprennent aussi qu’ils peuvent refuser de consommer.
Un avis bien évidemment partagé par Stéphanie Bastita. « Ils jouent, participent et réfléchissent en même temps. » Loin des discours traditionnels perçus comme rébarbatifs comme l’explique Steev Maka.L : « On n’est pas là pour leur faire la morale, mais pour les aider à faire sortir ce qu’ils ont en eux. »Cinquante séances de ce type sont prévues en province Nord d’ici la fin du mois d’octobre pour tous les élèves de quatrième du public et du privé.
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