Après l’incendie de la mairie, survenu dans la nuit de samedi à dimanche, à Kaala-Gomen, les discussions vont bon train. Et tout est envisagé. Les employés municipaux, eux, ont ouvert le bal des travaux dans l’école primaire publique, futur siège de la commune.
Pour une fois, les petites anecdotes du week-end sont passées au second plan, hier matin, dans les conversations, à Kaala-Gomen et ses environs. Au magasin, à la poste, ou sur la route jusqu’au fameux carrefour du village, l’histoire de la mairie ravagée par un incendie se répand encore comme une traînée de cendre. Bref, « on parle que de ça », note un vieux monsieur, le mégot aux lèvres. « Y’a même eu des gens de Koumac qui sont venus voir les dégâts dimanche », quelques heures après l’apparition du sinistre dans la nuit.
Clair et net, la mairie, « refaite à neuf en 1990 » selon les services municipaux, a été mâchée de l’intérieur par les flammes.
Marianne a eu très chaud. L’origine de l’étincelle ? « On ne sait pas », lâchent, tête baissée, une jeune dame attendant le car ou un ouvrier sur les lieux. La gendarmerie mène l’enquête, n’écarte aucune piste, tandis que le maire, Alain Levant, lancé dans son cinquième mandat, ne pense visiblement pas au méchant court-circuit. Kaala-Gomen en a connu des frictions, l’an dernier, relatives au chapitre foncier, ou au débat politique. Pourtant, « jamais une élection n’a été aussi calme », souligne le vainqueur des dernières municipales.
« Ah quel dommage ! », glisse sur le seuil, une jeune curieuse. Les comptes sont faits pour le bureau de la comptabilité, tombé en suie. Par précaution, « nous avions doublé ces écritures notamment sur des ordinateurs portables, nous avons plusieurs traces », indique le maire. Le registre de l’état civil « n’a pas été touché ». En revanche, un pan de mur chargé de dossiers inhérents « aux investissements déjà traités » n’existe plus. Envolé dans les airs, en fumée.
La gendarmerie mène l’enquête, n’écarte aucune piste
Dans la salle du conseil municipal, les vues aériennes de la commune ont fondu, et hier, les réglementations des élections épongeaient le sol devenu bien humide après le passage des pompiers. Noir décor. Les documents administratifs majeurs ont visiblement été sauvés, mais l’addition, à terme, va être salée. Aïe !
Après une pause forcée hier, la mairie continue à vivre, tant bien que mal. La République l’exige. Dès dimanche, « on a amené tout ce qui pouvait être sauvé à la bibliothèque » située de l’autre côté de la rue, à une trentaine de mètres, se souvient Jeannot, employé municipal. « Des femmes nettoient, et pendant ce temps-là, on aménage des locaux de l’école publique » primaire, fermés en raison de la baisse des effectifs.
Le buste de Marianne sera posé là, dans d’anciennes salles de classe, après les travaux. Les murs taggés veulent de la peinture, les ordinateurs ne peuvent fonctionner sans câbles informatiques ni électricité, et les portes réclament des serrures neuves, la République l’exige encore. Y’a du boulot « pendant une semaine ». Pour le maire, pas de problème, aujourd’hui et provisoirement, « on ouvre à la bibliothèque… Pour l’enregistrement des actes, oui, on pourra le faire à la bibliothèque. » Des experts s’y rendront normalement ce matin, afin de réfléchir sur l’avenir de la mairie brûlée. Et bientôt, rasée, ou non.
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