| « L’interdiction n’est valable que si elle s’accompagne d’un message » |
Les Nouvelles calédoniennes : L’interdiction de vente d’alcool est-elle une mesure efficace ?
Dr Christian Michel : A court terme, oui, sans doute, puisqu’elle obéit à une logique de réduction des troubles à l’ordre public. Mais il faut être réaliste. Celui qui veut boire trouvera toujours le moyen de contourner la loi. Ce qui est donc important, c’est d’expliquer au buveur les risques qu’il encourt, même si l’information ne suffit pas à faire baisser ces risques. La question qu’il faut se poser, c’est de savoir à quel moment la pratique bascule du plaisir au problème. Toujours distinguer l’usage nocif de l’usage « bénéfique ». Ou savoir reconnaître lorsque l’alcool devient une béquille pour le consommateur.
LNC : Comment faire passer le message de la prévention ?
Dr C. M. : Il faut adapter le discours en fonction du public. Globalement, lors des campagnes d’affichage, nous nous adressons au plus grand nombre, c’est-à-dire aux jeunes et aux buveurs occasionnels. Mais l’efficacité du message repose aussi sur une prise en charge immédiate, après une mesure de suspension de permis par exemple. Auprès des jeunes, le message est délivré différemment : par le biais des théâtres forums, notamment. Ainsi, en 2007, le programme de prévention est intervenu dans 90 % des collèges publics et privés des province Nord et Iles et dans 40 % de ceux de la province Sud.
LNC : Finalement, que faudrait-il mettre en œuvre pour réduire les risques liés à une consommation excessive ?
Dr C. M. : Les études menées par l’OMS sont assez claires : si on augmente les taxes sur les alcools forts, de plus en plus consommés par les jeunes, on observe une baisse des conflits ou des bagarres. Si on augmente les taxes sur l’ensemble des alcools, une baisse du nombre d’accidents routiers s’ensuit automatiquement. La hausse des prix reste donc la mesure la plus efficace. La limitation des heures de vente ou de consommation (dans les pubs en Angleterre par exemple) permet également de limiter les risques. Mais toutes ces mesures répressives n’ont d’intérêt que si elles s’accompagnent d’un message clair.
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