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  Nouvelle-Calédonie > Santé - 09/05/2008    
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Alcool : La répression n'a pas suffi
Chaque week-end, c’est presque la même rengaine. Les cellules de dégrisement se remplissent et la liste des victimes de la route s’allonge. La cause de ce phénomène lancinant ? Une consommation excessive d’alcool.
Les autorités locales ont pris depuis 2003 un certain nombre de mesures encadrant la vente d’alcool. Mais la réglementation seule peut-elle suffire à influer sur les comportements ?

Dans un sondage réalisé en 2003 (*), les Calédoniens estimaient qu’une dose raisonnable d’alcool se situait aux alentours de sept verres par jour. Et que 18 verres constituaient une consommation « excessive ». Un peu éloigné des recommandations de l’OMS (Organisation mondiale de la santé), pour laquelle une consommation « raisonnable » se situe autour de deux verres pour une femme, trois pour un homme. Autant dire qu’entre la canette partagée entre collègues à la sortie du chantier ou du bureau et les cartons sifflés dès le vendredi soir pour le coup de fête, les conséquences ne sont pas les mêmes.
C’est ce qui a conduit les pouvoirs publics à mettre en place des mesures de plus en plus contraignantes. D’abord en 2003, lorsque la province Sud, suivie l’année suivante par la province Nord, a interdit la vente d’alcool frais dans les grandes surfaces et petits commerces. Le résultat ? Moins d’attroupements autour des boutiques, donc moins de nuisances de voisinage, même s’il reste difficile de chiffrer exactement le phénomène. Côté fabricant, le son de cloche n’est bien évidemment pas le même. « Les ventes ont chuté d’environ 30 % et les consommateurs se sont tournés vers des vins de basse qualité », indique le service marketing de GBNC (Grande brasserie de Nouvelle-Calédonie). Les fameux « poppers », plus particulièrement consommés par une population marginalisée.

Dernier levier d’action répressif : le renforcement de la législation

Autre moyen de contrer les conséquences d’une alcoolisation massive : les interdictions temporaires de vente prises par les communes à l’occasion de manifestations comme l’Omelette géante à Dumbéa ou la fête du Bœuf à Païta. Interdictions systématiques depuis quelques années. L’équation, en théorie, est simple : moins d’alcool consommé, donc moins de risque de débordements (bagarres) ou d’accidents sur les routes. Mais pour celui qui veut absolument boire, il existe toujours des moyens de contourner la loi. En s’approvisionnant à l’avance et en chargeant la glacière à l’arrière de la voiture. Ou en faisant des kilomètres supplémentaires pour aller dans une commune qui n’a pas pris d’arrêté sur l’interdiction de vente d’alcool.
Dernier levier d’action répressif : le renforcement de la législation. Depuis décembre 2006, gendarmes et policiers peuvent ainsi retirer sur- le-champ le permis du conducteur qui dépasse le taux de
0, 8 g/l (l’infraction commence à 0,5 g/l). Une mesure considérée par les professionnels de la santé comme un « véritable tournant dans la politique alcool ». Le service d’addictologie en a d’ailleurs profité pour mettre en place une action de sensibilisation auprès de ces automobilistes, par le biais d’entretiens. Résultat, la plupart des contrevenants ont vécu cette suspension comme un « manque de chance, un acharnement des gendarmes, voire une erreur de l’éthylomètre », selon un rapport du service d’addictologie. Preuve qu’il y a encore du chemin à parcourir pour faire évoluer les mentalités avec l’alcool.

(*) Etude réalisée en 2003 par l’institut Louis Harris auprès d’un échantillon représentatif de 423 personnes.

Les interdictions de vente d’alcool visent surtout à limiter les troubles à l’ordre public. Même si celui qui veut boire trouvera toujours le moyen de contourner la réglementation. - Jacquotte Samperez



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Edition du 09/05/2008
 
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