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  Nouméa > Magenta - 09/05/2008    

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Les avions de l’aérodrome attendent un toit
Faute de hangars, une vingtaine d’appareils dorment à la belle étoile sur le tarmac de l’aérodrome de Magenta. Les usagers rêveraient de pouvoir leur trouver un toit.

Les places sont chères sous les hangars de l’aérodrome de Magenta. Ou plutôt rares. Au fil des années, le nombre d’avions privés n’a cessé d’augmenter. Et dénicher un toit pour sa machine est devenu le parcours du combattant, d’autant plus que c’est l’aviation civile qui détient les clés d’une possible évolution. Enfin presque…
Certains propriétaires ou de simples usagers, des passionnés avant tout, laissent souvent toutes leurs économies dans cette activité réputée coûteuse. Voir leurs avions dormir dehors les inquiète. « Cela entraîne un vieillissement prématuré de la machine et un risque de corrosion. Cela demande donc une surveillance plus accrue des appareils car ils sont moins protégés de la rouille », souligne Hugues, un pilote privé.
Parmi les trois hangars existant sur la piste de Magenta, côté plage, il y a celui réservé à la maintenance des avions, Garavia, qui jouit de la moitié de la surface louée à l’aviation civile. Le manque de place ne les concerne pas trop étant donné qu’ils ne recueillent que les avions qui ont besoin d’une révision ou d’une réparation. L’autre moitié du hangar est proposée à la location aux particuliers. Elle affiche complet.
Celui d’à côté abrite l’Aéroclub calédonien, qui enseigne le pilotage aux licenciés. Le troisième, destiné à accueillir les avions d’Air Loyauté, est en cours de finition. Et les autres avions privés ? Ils dorment dehors, sur le tarmac, comme ces avions de type Cessna, ATL et même un modèle T6. Le parking est toujours occupé. Et cela peut entraîner des manœuvres à chaque sortie d’appareil.

« On ne peut pas satisfaire toutes les demandes »


Il manquerait une vingtaine de places, et même un hangar ne suffirait pas. À moins d’envisager un système d’élévateurs pour augmenter la capacité d’accueil. L’argument présenté par les usagers reste la sécurité pour leurs avions. Ils sont prêts « à payer une place dans un hangar », voire à participer à sa construction.
Fin janvier, la préalerte cyclonique avait suscité la solidarité dans l’aérodrome. « On a entassé tous les avions dans les hangars. Il n’y avait pas d’autre solution, mais il n’y avait plus de place pour le moindre mouvement de chacun », se rappellent les particuliers. En temps normal, le parking, devant chaque hangar, est à l’usage de tout le monde, aucune place n’étant attribuée. Des usagers pensent que « le problème, c’est le foncier, qui ne permet pas de fabriquer un hangar sur cette zone ». Pour d’autres amoureux des airs, « les avions ne sont pas faits pour être dehors, ils souffrent, et les pilotes avec ». Tel est le credo de l’association Mémoire du ciel, qui tente de faire survivre son T6, un avion qui servait à la formation des pilotes pendant la guerre, et qui compte « garder le souvenir de cette période qui a marqué l’histoire de l’aviation ».
Le directeur de l’aviation civile, Yves Debouverie, reconnaît sans difficulté la sous-capacité des hangars de l’aérodrome de Magenta. Et il sait d’ores et déjà qu’« on ne peut pas satisfaire toutes les demandes ». Il rappelle cependant qu’« un hangar destiné à Air Loyauté est en construction. Reste à savoir si on peut mettre une surface à disposition des privés. » L’aviation civile n’est pas non plus fermée à l’étude d’éventuels projets. « Nous réfléchissons à la construction d’un nouveau hangar à la place de l’ancien restaurant, mais aucune décision n’a été prise à ce jour. Au-delà, il n’y a pas la place, les autres emplacements potentiels n’ont pas assez de recul. Dès lors, on ne pourra pas satisfaire toutes les demandes. »
Pour l’heure, les solutions pour garer son avion restent les mêmes : le laisser dehors, sur le tarmac de Magenta, ou le diriger vers d’autres aérodromes. Enfin, même en utilisant toutes les  surfaces possibles, la construction d’un hangar coûterait cher. Les usagers semblent pourtant prêts à bien vouloir contribuer à cette bonne cause. Passion oblige.

Géraldine Pion 

Il manque une vingtaine de places pour abriter les avions des particuliers à l’aérodrome de Magenta. Ils dorment donc sur le tarmac, en attendant mieux.


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