| Séance annulée à l’assemblée |
La guérilla politique se poursuit. La septième séance de la session administrative de l’assemblée de Polynésie française n’a pas eu lieu, mardi matin. Une affaire de quorum et de mauvaise humeur.
Le président de l’institution n’est pas venu ouvrir la séance, la majorité To Tatou Ai’a n’a pas réussi à réunir le minimum requis de vingt-neuf représentants.
A 9 heures, la majorité s’est installée dans l’hémicycle avec un absent dans ses rangs, Hiro Tefaarere, troisième vice-président de l’assemblée. Il était en déplacement en Nouvelle-Calédonie pour participer aux cérémonies commémorant les vingt ans de l’assaut de la grotte d’Ouvéa. Le nombre total de représentants To Tatou Ai’a présent était donc de vingt-huit. Le gouvernement quasiment au complet a aussi pris place, mais l’opposition UDSP ainsi que le président de l’Assemblée, Oscar Temaru, ne se sont pas montrés de la matinée.
Une partie des représentants de l’UDSP s’est réunie autour des deux chefs de file, Oscar Temaru (UPLD) et Gaston Flosse (Tahoeraa), dans la salle des commissions. Un simple couloir a séparé les deux forces politiques, To Tatou Ai’a et UDSP. Rien n’a filtré alors sur la position qu’allait décider de prendre l’opposition : siéger ou non dans l’hémicycle.
Constat d’huissier
Aux alentours de 10h30, le président du groupe To Tatou Ai’a à l’assemblée, Jean-Christophe Bouissou, a fait appel à un huissier de justice afin que soit constatée l’absence du président de l’assemblée. Un procès verbal de « sommation interpellative » a été adressé à Oscar Temaru.
Le document a ainsi posé à l’intéressé cinq questions, à savoir si oui ou non il allait ouvrir la séance, si oui, à quelle heure, et, si non, s’il sera remplacé au perchoir et par qui. Le libellé de la cinquième et dernière question est le suivant : « En cas de réponse négative à tous ces points c-i dessus, êtes-vous conscient que vous vous mettez, en votre qualité de Président de l’Assemblée de la Polynésie française, garant du bon fonctionnement de cette institution, en position d’illégalité et de blocage institutionnel ? »
A 11h30, l’huissier de justice est entré dans la salle des commissions et s’est entretenu avec le président de l’assemblée. Celui-ci a alors demandé un temps de réflexion avant de répondre aux questions. Un juriste du Tahoeraa huiraatira a ensuite rejoint les élus de l’UDSP et, après plusieurs minutes de discussion, Oscar Temaru a finalement déclaré « ne pas souhaiter répondre aux questions ».
Jean-Christophe Bouissou, président du groupe To Tatou Ai’a, a considéré qu’Oscar Temaru avait répondu par la négative à l’ensemble des questions. Il a demandé au président de la Polynésie française, Gaston Tong Sang, de faire application de l’article 119 du statut.
« Cet article prévoit qu’en cas de manquement aux fonctions de président de l’Assemblée sur le fonctionnement normal des institutions et donc de l’Assemblée, le président de gouvernement peut saisir le Haut-Commissaire pour lui demander que l’Assemblée soit convoquée dans les quarante-huit heures », a expliqué Jean-Christophe Bouissou.
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