| La « pilule du lendemain » gratuite dans les pharmacies |
Le Bureau de la santé vient d’approuver le plan gouvernemental qui vise à faciliter l’accès à la « pilule du lendemain » à toutes les femmes, et en particulier aux adolescentes.
Toutes les femmes d’Auckland, quel que soit leur âge, auront bientôt le droit d’aller chercher gratuitement la pilule du lendemain dans la pharmacie de leur quartier.
Il s’agit d’un programme expérimental de santé publique mis en place par le gouvernement qui vise à réduire le nombre de grossesses non désirées, et les avortements chez les adolescentes.
« Notre objectif est à la fois de limiter les grossesses prématurées et l’impact qu’elles peuvent avoir sur les familles et les communautés », explique Wendy Hoskins, du Bureau de la santé d’Auckland. Un budget de 300 000 dollars (20 millions de francs) a été alloué pour ce programme qui s’achèvera lorsque ce budget sera épuisé.
Les pilules du lendemain seront donc distribuées par les pharmaciens aux femmes qui en font la demande. Mais les demandeuses du contraceptif devront fournir plusieurs renseignements au pharmacien. Des questions personnelles qui auront pour but de déterminer l’intérêt de ce programme, et qui ne seront pas conservées dans des archives médicales.
Selon les réponses qu’il obtiendra, le pharmacien pourra refuser de donner le contraceptif, et orienter la « cliente » vers un médecin. En revanche, si le pharmacien choisit de donner la pilule du lendemain à sa cliente, il lui remettra également gratuitement une boîte de préservatifs masculins, ainsi que des livrets d’information sur les différents moyens de contraception, et aussi sur les maladies sexuellement transmissibles.
Fournir plusieurs renseignements aux pharmaciens
« La Nouvelle-Zélande et en particulier la ville d’Auckland ont un des taux de grossesse chez les adolescentes les plus élevés des pays développés. Ce programme devrait nous aider à lutter contre cet état de fait », a estimé le docteur Denis Jury, du Bureau de la santé d’Auckland.
Jusqu’à présent, la « pilule du lendemain » était en vente dans les pharmacies pour 35 dollars (2 400 francs), ou gratuite à l’hôpital d’Auckland.
« L’accès à la pilule gratuite dans les pharmacies sera plus aisé et plus discret pour les jeunes filles », affirme Lynda Williams, du Conseil de la santé pour les femmes d’Auckland.
Un enthousiasme qui n’est pas partagé par diverses associations religieuses, familiales et conservatrices. « Rendre l’accès à la pilule libre, gratuit et facile continue de diminuer le rôle et l’implication des parents vis-à-vis de leurs enfants », souligne Bob Mac Coskries, de l’association Familles d’abord.
« Il s’agit d’un avortement et donc d’un meurtre », a pour sa part déclaré Brendan Malone, porte-parole de l’Eglise catholique.
Le programme gouvernemental, qui ne concerne que la région d’Auckland, doit durer jusqu’à épuisement du budget. Soit environ un an, selon les prévisions des experts. Au terme de cette expérience, la formule sera pérennisée ou non. Jérôme Gavelle
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