| Attention, nidification en vue sur les îlots |
La nidification des oiseaux marins a commencé en avril, mais elle va s’intensifier jusqu’à la mi-juillet. Les promeneurs sont donc appelés à la plus grande vigilance.
Le week-end dernier, la Société calédonienne d’ornithologie a mis en défends deux îlots de Koumac en balisant les zones de reproduction.
«En période de nidification, les oiseaux ont besoin de calme. La moindre perturbation peut entraîner le départ des oiseaux et donc l’échec de la reproduction. »
Pas question pour Julien Baudat-Franceschi de pointer du doigt le comportement des promeneurs, mais seulement de les informer. « Les dégâts occasionnés, aussi bien sur la faune que sur la flore, sont plus souvent dus à une méconnaissance du sujet qu’à des comportements mal intentionnés. » Le fait est que, chaque année, la cohabitation des hommes et des oiseaux, sur les îlots, pose problème. « Pour ne prendre que l’exemple des sternes néréis, ce sont des oiseaux qui nichent dans le sable, là même où les gens ont envie de poser leur serviette quand ils débarquent. »
Pour à la fois informer et protéger les oiseaux, la SCO a décidé, cette année, d’agir sur deux îlots de Koumac : le fameux îlot double et l’îlot Yan d’Agouet. « L’idée était de baliser les zones de reproduction pour permettre aux gens de les matérialiser et pour les inciter à faire attention », explique Julien Baudat-Franceschi, qui précise : « Cette action n’a rien de juridique, mais elle s’est faite en concertation avec la province Nord. »
Un groupe de bénévoles a donc œuvré tout au long du week-end dernier pour mettre en défends les deux îlots. Ils ont installé des rubans accrochés à des piquets, eux-mêmes enfoncés dans le sable, et ils ont posé des panneaux informatifs pour rappeler aux promeneurs que « des oiseaux menacés nichent sur ces îlots » et pour leur donner quelques conseils élémentaires.
« L’idée était de baliser les zones de reproduction pour permettre aux gens de les matérialiser »
« Il suffit de passer à vingt ou à trente mètres des oiseaux pour ne pas les déranger alors que si on passe au beau milieu de la colonie, on fait partir tout le monde. » La SCO rappelle donc qu’il ne faut pas s’approcher des oiseaux, franchir les rubans ou laisser son chien en liberté. « On demande aussi aux gens de vérifier avant de venir qu’il n’y a ni rats, ni fourmis dans leur bateau ou dans leurs bagages. » Car, l’Homme n’est pas le seul danger pour l’oiseau de mer. Le rat en est le principal prédateur. La Société calédonienne d’ornithologie, en collaboration avec la province Nord et la mairie de Koumac, a d’ailleurs lancé un vaste programme d’éradication en début d’année pour éliminer les trois sortes de rats qui sévissent sur les îlots du Nord, à savoir le rat noir, le surmulot et le rat du Pacifique. La phase de piégeage est terminée sur de nombreux îlots. L’épandage du poison, un anticoagulant en vente libre en Nouvelle-Calédonie, doit se dérouler au cours de l’hiver. Pour la SCO, la sauvegarde des oiseaux marins passe de toute façon par une restauration complète des îlots. En faisant disparaître les rats, en luttant contre les espèces envahissantes comme le figuier de Barbarie ou la fausse cuscute, en luttant contre la fourmi de feu et en réintroduisant des espèces locales.
Un vaste programme qui justifie à lui seul la mise en place des IBA ou zones importantes pour la conservation des oiseaux et auquel chacun de nous peut apporter sa contribution en écoutant et surtout en respectant les conseils des spécialistes.
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