| Le Sud protège son littoral |
Lutter contre la privatisation rampante du bord de mer, préserver mangroves et forêts sèches, créer des sentiers côtiers et des chemins d’accès, tels sont quelques axes forts du schéma de développement durable du littoral, voté mardi, à la province Sud.
«Avec l’essor démographique et économique du Sud, on ne pouvait plus se contenter de gérer le domaine maritime au coup par coup. Car on aboutit à une privatisation de fait au profit des privilégiés et à un accès de plus en plus difficile aux plages et à la mer pour le reste de la population. » Voilà comment Philippe Gomès, président de la province Sud, justifie l’élaboration et l’adoption, (à l’unanimité de l’assemblée de province), d’un « schéma de préservation et de développement durable du littoral ».
Le dispositif voté est la concrétisation de la loi de 2002 qui a transféré de l’État aux provinces la compétence et la gestion du domaine maritime et de la zone littorale.
Les points forts à retenir du schéma sont :
- La réservation d’une bande de 10 mètres de large en bord de mer destinée à préserver la circulation des piétons et des baigneurs là où c’est possible (au pied d’une falaise, ça ne l’est pas). Cela signifie que, dorénavant, les autorisations d’occupation (toujours temporaires) du « DPM » qu’accordera la province, contre un loyer, réserveront, de toute manière, ce passage public.
- L’ouverture d’accès aux plages souvent loin des routes, et séparées des promeneurs potentiels par des exploitations agricoles ou des lotissements.
Une privatisation de fait de la majeure partie du bord de mer ne pourra pas se reproduire
- La création de périmètres de protection et de zones tampons entre des activités dont le voisinage est difficilement compatible (fermes d’élevage aquacole, carrières, lotissements ou hôtels).
- Le renforcement de la protection des îlots et l’amélioration de leurs aménagements.
Enfin et surtout, la province a entrepris un recensement exhaustif du littoral, ses plus beaux sites, les zones comprenant des plantes rares, les biotopes propices à la préservation des espèces, et les zones ayant vocation à être aménagées en fermes aquacoles ou en espaces touristiques. Elle va aussi recenser toutes les portions où l’aménagement d’un sentier de bord de mer est possible. Deux impératifs : préserver partout ce qui reste des mangroves qui sont à la fois des stations d’épuration naturelle et des zones de reproduction de nombreuses espèces ; et préserver partout ce qui reste de forêt.
Ce document va s’élaborer en concertation avec les communes concernées et les autorités coutumières. Les maires devront l’intégrer à leur politique d’aménagement du territoire.
Bref, une fois ce schéma en place, une opération telle que le lotissement de la baie de Naïa à Païta, qui aboutit à une privatisation de fait de la majeure partie du bord de mer, ne pourra pas se reproduire. C’est aussi une question de juste partage entre classes sociales et communautés. Autour de certains aménagements, les populations autochtones se retrouvent éloignées d’une mer devenue difficile, voire quasi impossible d’accès. Ce qui est une évidente source de frustrations et de tensions.
Ultime phase du processus en cours, la création d’un « schéma de gestion intégrée du littoral ».
|
Sur le même sujet |
|
|
 |
Dans la même rubrique |
|
|
 |
A la une |
|
|
 |
|