Ils sont là, bien arrivés chez nous. Les champions du monde, regroupés sous la bannière de France 98 et venus fêter le jubilé de Karembeu, ont atterri hier matin à Tontouta. Sous les acclamations du public calédonien.
On a tous connu ça. À la sortie de l’aéroport de Tontouta, une sorte de haie d’honneur est formée par ceux qui viennent nous chercher. Mais hier, le comité d’accueil de l’avion de 7h40 était un poil différent. Combien d’entre nous ont eu droit à des chansons et des cris par une telle foule ?
Une heure avant l’atterrissage, ils sont une poignée, accolés aux barrières. L’infatigable Zélio est venu avec huit enfants de son école de foot. Et leur a même concocté un maillot floqué JCK (Jubilé Christian Karembeu) où un coq et une étoile attendent d’être rejoints par la signature de ceux qui les ont fait briller. Ces supporters-là ont décollé de Nouméa à … 5 heures du matin. La passion n’attend pas les années, ni le lever de soleil.
Lise aussi est là, qui attend son fils, sélectionné dans l’équipe calédonienne des moins de 20 ans. Et là voilà qui découvre avec surprise dans le journal son footballeur de fils en photo à côté de Zizou. Rien que ça. D’ailleurs, elle est impatiente de voir en vrai l’ex numéro 10, « mon cousin Christian », ainsi que Thierry Henry. Euh… « Oh mince, il ne vient pas ? »
Tous les appareils photo sont de sortie, ainsi qu’une armada de supports à autographes : cahiers, tee-shirts, journaux, posters et même des ballons, comme celui de Yohan, 12 ans. « J’aimerais trop que Zizou signe ! » Et les autres? « S’ils veulent… » En fait, et c’était prévisible, il n’y en a (presque) que pour Zidane dans les travées du public. Surtout quand on vient de la région marseillaise, comme Thomas, 19 ans, en vacances ici « pile au bon moment ». Le jeune homme ne tient plus en place : « C’est un rêve que je réalise ».
« Un beau cadeau pour Christian, en Calédonie on sait recevoir »
Une clameur monte d’un coup. Les voilà, Zinédine Zidane en tête, accueillis en musique par We Ce Ca, dont le « Bienvenue en Calédonie » restera pendant de longues minutes le fond sonore d’une rencontre intense, de part et d’autre des barrières, entre les Bleus et quelque 200 ou 300 Calédoniens. Si l’on a coutume de voir les footballeurs sortant d’un aéroport casque de musique sur la tête, valise à roulettes dans la main et visages fermés, la circonstance change la donne : leur cou reçoit un collier de fleurs, leur visage s’illumine - plus ou moins pour certains. Cris, sifflets, attroupements des journalistes, c’est Cannes à Tontouta.
Lebœuf, Lizarazu, Blanc, Pirès, Djorkaeff… Ils défilent tous et ne s’attardent pas. Puis viennent les deux régionaux de l’étape, Kombouaré et Karembeu, logiquement plus prompts à s’attarder auprès du public et des médias. Ces deux-là laisseront d‘ailleurs le bus partir sans eux pour prolonger l’instant. « C’est un très bel accueil, un beau cadeau pour Christian, qui le mérite, se réjouit Antoine Kombouaré. En Calédonie, on sait recevoir. »
Et voilà la star de la semaine signer à tour de bras, se laisser prendre en photo, embrasser les jeunes filles, répondre en anglais à des journalistes. Des « Merci Christian! », « Christian, un bisou! » s’élèvent. Et ce n’est que le début : « L’émotion va aller crescendo, sait Karembeu. Hier [à Papeete], c’est le tamouré qui a brillé, demain j’espère que ce sera le pilou. » Et d’affirmer : « Ils [les joueurs de France 98] connaissent l’accueil de l’Europe. Je veux qu’on leur réserve autre chose. » Au public calédonien de jouer.
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