| « Maman ne voulait pas qu'il joue au foot » |
Qui mieux qu’un de ses proches pouvait évoquer les obstacles que le gamin facétieux de la tribu de
Wedrumel, au sein de laquelle le père était enseignant, a dû surmonter pour atteindre son but ? Marcellin Karembeu revient sur le trajet pas toujours rectiligne de son champion du monde de frère.
« Le premier obstacle, et non des moindres, ça a été le refus de maman de voir Christian jouer au foot. Oh, tant qu’il s’agissait de disputer des matches en scolaire, pas de problème. Mais pas question de signer dans un club », se rappelle le frère aîné.
Après un parcours scolaire débuté à Wedrumel, poursuivi à Havila puis à Do Neva, le petit Christian arrive à Do Kamo. Un épisode dont se souvient parfaitement Marcellin : « Le correspondant chez qui il était placé avait pour consigne de lui interdire de jouer au football. Il a pourtant déjoué la surveillance, prétextant un coup de pêche, pour aller tâter du ballon avec Gaïtcha. » Mais la supercherie est éventée. Il faut alors toute la diplomatie des dirigeants du club pour obtenir le feu vert de la famille. Au bout du compte, les juniors du FC Gaïtcha réussissent le doublé coupe-championnat ! Ça se « corse » encore, lorsque, remarqué par Marc Kanyan, il est proposé à Christian un stage de trois mois au FC Nantes. « Par trois fois, maman a refusé catégoriquement qu’il parte. Il m’a fallu près de quatre mois pour la convaincre qu’on pouvait gagner sa vie en tant que joueur professionnel. » C’est au cours d’une coutume et entre deux sanglots que maman Karembeu donne enfin sa bénédiction.
« Tu seras champion du monde et connu dans le monde entier »
Le stage est un succès, Christian vient se ressourcer à l’issue des trois mois. Il ne reverra sa terre natale qu’en 1992. Dans ce laps de temps, il est devenu titulaire indiscutable chez les Canaris. Quand il revient près des siens, il n’est cependant pas encore international. Pourtant son grand-père, Jean-Baptiste Karembeu, prophétise : « Tu seras champion du monde et connu dans le monde entier. »
Deux coups durs vont cependant mettre en péril la suite de la carrière du jeune kanak. D’abord son exclusion lors de la finale de la coupe de France 1993 perdue par Nantes. Puis, la Sampdoria de Gênes veut le transférer au Barça. Il a donné sa parole au Real (qu’il rejoindra en janvier 2008) : il est écarté des terrains près de six mois.
Mais Christian est un battant. « Comme notre père, un passionné de sport qui aimait relever les défis. D'ailleurs Christian est son portrait tout cracher sur ce plan », souligne Marcellin. Il surmonte donc ces difficultés.
La suite on la connaît : le 12 juillet 1998, il est sacré champion du monde… Devant 23 membres de sa famille qu’il a pris en charge (transport, hébergement…) un mois et demi durant. Un geste qu’il rééditera à l’occasion de son mariage avec Adriana, à Porto Vecchio (Corse). Car s'il est un homme déterminé, Christian Karembeu est aussi doté d'une rare générosité.
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