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  Dossier > Jubilé Karembeu - 02/06/2008    
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Tous les articles du dossier : Jubilé Karembeu

Jubilatoire !
Bien plus qu’un match, c’était une fête. Une fête superbe, à la hauteur de l’amour que porte le peuple calédonien à sa vedette, et vice versa. Récit, heure par heure, d’une après-midi dont la Nouvelle-Calédonie se souviendra longtemps.

14h18 - Les portes s’ouvrent. Sous une pluie fine, l’ambiance est bon enfant. On se plie au jeu de la fouille, sans agressivité ni bousculade. Pour les bénévoles, reconnaissables à leur tee-shirt rouge, le marathon commence. Il s’agit d’indiquer à chacun comment accéder à sa place. Les sièges sont trempés, alors le programme du jubilé se transforme en coussin protecteur.
Il y a comme de l’électricité dans l’air : un mélange d’excitation et de concentration.

14h47 - Sur l’écran (presque) géant, on lance le fameux documentaire Les yeux dans les Bleus. La voix d’Aimé Jacquet retentit dans le stade.
Dans un coin du stade, les 180 membres de la Banda Momo, tout de rose vêtus, se préparent, s’échauffent, se maquillent.
Autour du stade, des gens se postent sur les balcons des petits immeubles. Sur l’un d’entre eux, un drapeau bleu-blanc-rouge affiche « Allez les Bleus ».

15h08
- Elisa, 17 ans, venue de Canala, est là depuis l’ouverture des portes. Pas grave d’attendre sous la pluie : « Ils ne viennent qu’une fois ! » Pour patienter, elle triture son « tap-tap », des bâtons gonflables, dont les plus petits raffolent : ça fait du bruit, et ça réchauffe.

15h32 - Une centaine de footballeurs en culotte courte se regroupent sous une tribune. Ils sont partis de Koumac à 7 heures et repartiront dans la nuit. « Ils sont vraiment excités, je ne peux plus les tenir ! », sourit Michel, entraîneur de l’AS Grand Nord, qui les encadre.

16h30
- Les unes après les autres, les vingt équipes ayant participé au festival de la jeunesse océanienne sont remerciées. Les petits Fidjiens, vainqueurs de l’épreuve, répondent par un haka.

16h59 - Voilà les Bleus ! Les flashs crépitent, c’est la folie dans le stade, qui crie et applaudit à tout rompre. Les Bleus forment une haie d’honneur pour l’entrée du héros du jour.

17h18 - Début du spectacle de Sthan Kabar-Louët avec 160 danseurs de Tahiti, de Wallis et Lifou, qui investissent l’ensemble du terrain et dansent sur de la musique classique et de l’opéra. Etonnant, et grandiose. « Ça donne la chair de poule », souffle une dame, les yeux grands ouverts.
Un petit garçon arrive alors sur le terrain, un ballon dans ses bras tendus. Il jongle puis frappe la balle vers… Christian Karembeu, qui déboule du tunnel, puis échange quelques dribbles avec le gamin, au milieu du terrain. Magique.

17h32 - Les danseurs forment une haie…où s’engouffrent les Bleus, Zidane en tête.

17h52 - Avec le premier but de Robert Pirès, le public se réveille vraiment. Les touches de balle pleines d’aisance de Zidane, cette fois très motivé, l’envie de Karembeu et les arrêts de Lama sont appréciés.

18h25 - Mi-temps. Le terrain est investi par la Banda Momo. Derrière la tribune couverte, sur le promontoire du salon VIP, Adriana Karembeu fume une cigarette, juste à côté de Philippe Gomès. Les yeux levés, les adolescents n’en ont que pour la blonde.

18h55
- L’ambiance a nettement grimpé, le stade jubile littéralement. Il faut dire que Zidane vient de marquer son premier but et que Karembeu a été remplacé par Kombouaré. Entre les deux, pas de tape dans la main, mais une bise de circonstance.

19 heures - La folie se confirme. Pour la première fois à Numa-Daly, une superbe et durable ola fait le tour du stade. Les programmes sont réduits en confettis, lancés au ciel.

19h07 - « Zizou, Zizou ! », puis ovation pour Karembeu, qui refait son apparition, cette fois sous les couleurs océaniennes. La fête n’en sera que plus grande quelques minutes plus tard pour son premier et unique but. En tribune G, une banderole est déployée : « Merci Christian et les Bleus pour ces moments magiques ».

19h33  - Coup de sifflet final, mais seul le match se termine. Venus de Canala, des danseurs de pilou entrent sur le terrain. Un pilou qui finalement se dansera sur fond de « I will survive », une drôle de scène durant laquelle les joueurs déploient un immense manou et font un tour de stade.
Karembeu se joint au pilou, et brandit une lance traditionnelle, tandis que le feu d’artifice débute. Et prend enfin le micro : « Enfin, ce soir, la Nouvelle-Calédonie est championne du monde ! » Après un discours émouvant, où il rend hommage aux anciens et à la coutume, il dit sa joie de fouler ce terrain « de Kanaky pour certains, de Nouvelle-Calédonie pour d’autres ». Tous les spectateurs, sans exception, sont debout, ovationnant le plus célèbre des Calédoniens. Et Karembeu d’exprimer, à son tour, sa gratitude : « Merci ! Merci ! Merci ! »

 

  Ambiance 
En tribune populaire

Alors qu’en face, il reste quelques sièges vides, le béton du virage E ne se voit plus depuis longtemps, quand les joueurs viennent s’échauffer. Trop de monde, trop de « tap-tap » qui s’agitent. C’est le coin des gosses, une majorité, qui ont eu leur billet via leur club de foot. Et qui viennent voir « Zidane, Zizou, Ziz’... le meilleur, quoi », explique Daniel, 11 ans, attaquant du club de Montravel. Les enfants rigolent et s’agitent, les têtes chenues sourient seulement.
Eux n’aiment pas «Zidaaaaane», mais le foot. Conversations techniques, analyses de match. Du sérieux. En principe. Car il suffit d’une transversale de Christian pour Djorkaeff pour que la vieille garde de l’AS Hienghène se lève. « Tchoua ! La volée du Snake ! L’a même pas forcé ! », commente Antonin, la trentaine, expansif. À côté de lui, une tête grise fouille dans sa poche et s’approche du grillage. « Montre un coup, comment on fait des photos avec le Mobilis, là... » La photo est réussie, papy sourit comme un gamin. « C’est Stade de France, aujourd’hui !»


En tribune VIP

Ici, on ne rigole pas, c’est le saint des saints. Nous sommes dans la tribune des « places à 10 000 », juste à côté du carré des personnalités (gouvernement, haussariat...). Le béton des gradins ne se voit plus, mais c’est à cause du tapis rouge.
Même les vigiles sont différents. Qu’un spectateur se trompe d’allée, on le montre du doigt et on mouline du bras. « Ça [le spectateur, NDLR], je ne veux plus voir. Ici, c’est Gouvernement, compris ? » La posture ne tiendra pas. Les premières roulettes de Zizou détendent tout le monde.
Un peu trop ? Jusqu’à la 60e minute, la liesse provient d’en face, des tribunes populaires. « Faudrait former le public, aussi, rigole Bruno, la quarantaine, ex-joueur de l’AS Lössi. Il est formé pour les play-off, c’est normal qu’il ne bouge pas. »
La méga ola de la 60e le fera mentir. Au milieu des VIP, Adriana Karembeu paraît surprise d’un tel enthousiasme. En un match, le public a fait d’énormes progrès.
  Echos 
La mise au point de Zidane
Il y a quelques jours, on apprenait que Zidane ne participerait finalement pas au match d’exhibition qui se tenait hier à Sydney. Depuis, l’ex-numéro 10 a mis les points sur les i, dans un communiqué transmis à l’AFP. Il y indique « qu’à aucun moment », il n’avait donné son « accord définitif » pour jouer ce match et que « son accord était soumis à des engagements contractuels que les organisateurs n’ont pas respectés ».  Il précise en outre qu’il « se réserve le droit de donner une suite juridique à cette affaire, pour éviter qu’à l’avenir son nom soit utilisé abusivement par des promoteurs peu scrupuleux pour créer une effervescence médiatique ».

Les jeunes déplacés
Météo oblige, les demi-finales et finales du festival de la jeunesse océanienne ne se sont finalement pas déroulées à Numa-Daly mais au stade Pentecost, pour ne pas endommager la pelouse. Quelques minutes avant le match des « grands », les vingt équipes ont toutefois été félicitées devant presque 10 000 spectateurs.

300
Les 300 bénévoles, reconnaissables à leur tee-shirt rouge, ont donné de leur personne, sous une pluie à densité variable. Distribuer les programmes, faire entrer les spectateurs dans le stade, les orienter vers leur place… Avec quelques bizarreries. Ainsi, « l’indication “rangée 5” indique l’endroit où l’on doit placer ses pieds, les fesses doivent être sur la rangée 6  », indique une bénévole. Ce qui a provoqué quelques protestations.

Ovationné
Quel nom a été le plus scandé par le public ? Bizarrement, ce n’est pas celui de Pirès, auteur de cinq buts, mais celui du gardien du Team Karembeu, Gilles Tavergeux, qui a fièrement résisté aux assauts bleus avant de céder sa place à Jean-Marc Ounémoa.


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