Une délégation de la province Sud, emmenée par Philippe Michel, est récemment venue à la rencontre des élus municipaux pour écouter leurs doléances. À l’issue de cette rencontre, un peu plus de 95 millions de francs ont été débloqués.
La visite d’une délégation de la province Sud conduite par son deuxième vice-président avait pour objectif de faire le point sur les besoins de la municipalité. « Tout le monde sait que la situation financière de Moindou est catastrophique et que la commune souffre clairement d’un retard de développement. Nous sommes là pour vous écouter et prendre les mesures qui s’imposent pour vous aider à redresser la barre »,
a expliqué Philippe Michel.
La municipalité ne disposant pas de secrétaire général, Francis Rossi, du cabinet CDL (Comité de développement local), qui assure une mission d’assistance temporaire auprès du maire, a présenté la note de situation relative aux besoins de financement de la commune en 2008 et 2009. Pour assainir sa situation financière, la commune est contrainte d’appliquer un plan de redressement rigoureux sur les trois prochains exercices. « Cette démarche ne peut s’accomplir sans le concours financier de la province », a annoncé Francis Rossi.
Parmi les aides financières demandées par la mairie à la province, figurent la prise en charge des frais de fonctionnement du mini-internat (5 à 6 millions), la participation aux frais de transports scolaires (11,5 millions) et de la « navette » qui véhicule les malades et les nécessiteux des tribus pour les soins (3,7 millions à l’année) et, enfin, une participation au salaire de la bibliothécaire (2,6 millions).
Elle a aussi demandé la mise à disposition de cinq postes de PPIC supplémentaires dès à présent. Autre souhait du maire, la tenue d’une réunion d’information relative aux programmes d’habitat social existant, afin de permettre une mise en œuvre rapide au profit des demandeurs de la commune.
« Aujourd’hui, s’il y a une commune qui a vraiment besoin d’un coup de pouce financier, c’est bien Moindou »
Pour ce qui concerne la section investissement, après deux ans d’inertie en matière d’effort d’équipement, 178 millions ont été inscrits à ce chapitre, dont 137 millions pour des opérations nouvelles. Pour financer ces dépenses, la mairie va piocher dans ses fonds propres grâce à un taux d’épargne (15,45 %) conforme à la norme recommandée par l’Agence française de développement (AFD). Elle va aussi contracter un emprunt auprès de l’AFD. Des subventions provenant du FIP-équipement et du contrat Etat-province-commune doivent également alimenter la trésorerie communale.
La province a été sollicitée à hauteur de 28 millions (16 millions pour aider au financement de la construction de la salle de taekwondo dont le coût est estimé à 30 millions, et 12 millions pour compléter l’opération « bâtiments ». Celle-ci comprend, entre autres, la réhabilitation de la mairie, des ateliers municipaux, l’achat d’un préfabriqué pour le soutien scolaire à la tribu de Moméa…
Francis Rossi a ensuite fait un point sur les projets pour l’exercice 2009. Deux opérations ont d’ores et déjà été négociées avec la province. Un : l’aménagement des routes municipales, dont celle de Moméa (entre 40 et 50 millions), et la réalisation d’un radier à Table Unio (60 millions). Deux : la construction de deux mini-plateaux sportifs de proximité, la réalisation d’un aménagement pour accueillir des centres aérés et de vacances à Tanghy, et la remise en état de l’école de Table Unio. Des projets que les élus aimeraient concrétiser dès l’an prochain.
Conscient des difficultés rencontrées par la mairie, Philippe Michel a répondu positivement à quasi-totalité des demandes adressées à la province. « Aujourd’hui, s’il y a une commune qui a vraiment besoin d’un coup de pouce financier, c’est bien Moindou » a-t-il reconnu. Au total un peu plus de 95 millions vont être octroyés à mairie pour 2008-2009. Cette bonne nouvelle a ravi Joseph Peyronnet. « Cette manne providentielle va nous permettre de redresser la mairie et apporter un nouveau souffle à Moindou », s’est-il félicité.
Philippe Michel a souhaité que ces accords soient formalisés par une convention et il a incité le maire à se rapprocher du Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie pour le réajustement du FIP. Autre sujet d’inquiétude, la fermeture annoncée de la gendarmerie. Philippe Michel a assuré les élus de son soutien sur ce dossier sensible. « C’est un élément important pour la sécurité des biens et des personnes. Vous pouvez compter sur nous pour appuyer ce dossier. »
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