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  Provinces > Province Nord > Province nord - 03/07/2008    
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Les millions gaspillés de la mairie de Houaïlou
La Chambre des comptes est sur le point de publier un rapport sur la gestion de la commune depuis 2001. Houaïlou y est présentée comme une structure dirigée sans rigueur et sans projet politique.
Bonne fille, la commune distribue beaucoup d’argent, mais pas à tout le monde. En cinq ans, des dizaines de millions ont été gaspillés, sans que la situation des habitants ne s’améliore pour autant.

Les finances : gestion zéro
En apparence, elles sont à flot, avec une dette « en deçà des seuils d’alerte » (471 millions de francs en 2005). Mais cela s’explique uniquement par l’argent « providentiel » du programme de réhabilitation des sites miniers.
En plus, cette aisance est « artificielle » car la comptabilité est tenue de façon très désordonnée.
Des emprunts sont régulièrement contractés pour des investissements « dont la réalisation n’est pas assurée ». Résultat : ces fortes sommes levées inutilement (80 millions en 2003) ne servent qu’à maintenir le budget hors de l’eau. Et à régler des dépenses de fonctionnement de plus en plus lourdes (+ 46 % de 2001 à 2005), contrairement aux recettes (+ 16 % seulement). Avec ce ratio recettes-dépenses, Houaïlou se trouve dans « l’une des situations les plus mauvaises sur l’ensemble des communes de la province ».
Parallèlement, les subventions (État, province, gouvernement…) sont rarement sollicitées. En 2005, la part du financement externe était de 1 000 francs par habitant, alors que la moyenne en province Nord dépasse les 21 000 francs. Environ 70 millions de francs ont été perdus définitivement ainsi.
Enfin, la commune ne cherche pas à faire payer les factures qu’elle dresse. À force de ne pas s’y intéresser, elle doit y renoncer au fil des ans (15 millions de perdus en 2002-2004). Fin 2005, la commune avait 53 millions de francs de créances non recouvrées.
« Plus qu’à de la mauvaise gestion, ce constat confine à une absence de gestion, préjudiciable aux intérêts communaux », résume la CTC.

Le personnel : chacun fait ce qui lui plaît
Malgré ses 76 agents, dont une quarantaine de permanents, la commune n’a pas eu de service du personnel avant cette année. Pas de suivi des salaires, ni des carrières, ni des congés, ni des formations. Même pas de fiche de poste, pour dire qui fait quoi dans la boutique.
Conséquence : impossible de tenir un semblant de discipline. En 2002, un agent a prêté une voiture communale à un ami, qui a eu un accident tuant deux personnes. Aucune sanction. La commune a racheté un véhicule à ses frais.
En trois ans, l’ancienne secrétaire générale s’est augmentée cinq fois de façon illégale, et a perçu indûment 1,5 million. Puis elle ne s’est pas présentée au travail pendant quinze mois, tout en continuant à percevoir son salaire. Pas de sanction non plus.
Le maire de l’époque, Lionel Weiri, reconnaît ses torts dans ce domaine. « Cet état de fait, j’en ai souvent été conscient […] Nos liens familiaux avec le personnel municipal rend timide une réaction de sanction. Quand celle-ci a été émise […] auprès d’un personnel récidiviste, un oncle maternel syndiqué, la mairie a été bloquée. »

Le service aux usagers : cher et peu efficace
Que l’on parle de l’eau potable, des routes ou du ramassage des ordures, rien ne fonctionne correctement. Mais tout se paie au prix fort.
L’eau est « mal gérée ». Aucune subvention n’a été sollicitée, malgré les 400 millions dépensés depuis 2001 pour un résultat insignifiant. Les captages ne sont pas protégés, le réseau n’est pas désinfecté, et l’eau n’est ni analysée ni chlorée, malgré le « risque sanitaire inacceptable » dénoncé par la Ddass en 2005.
Depuis 2002, l’enlèvement des ordures est pris en charge par des sociétés privées… dont le contrat initial de 12 mois n’a jamais été renouvelé, ce qui est illégal. L’abonnement n’étant pas obligatoire, les deux tiers des foyers ne le paient pas. En revanche, les entreprises ramassent tout, faute d’une liste précise. Du coup, la commune perd de l’argent (2,3 millions de francs en 2003).

(Le rapport complet sera téléchargeable prochainement sur internet, sur www.ccomptes.fr/CTC01/Accueil.html)

 



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