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  Dossier > Nickel 2008 - 03/07/2008    
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Tous les articles du dossier : Nickel 2008

La concentration s'accélère
Le nickel est l'un des métaux dont le marché a connu la plus forte progression ces dernières années. Ce qui a suscité d'intenses mouvements de concentration. Pour les producteurs de métal, il semble toujours plus rentable de racheter son concurrent plutôt que de se lancer dans de nouveaux projets. Surtout, il s'agit de le faire tant que la conjoncture est favorable. Résultat : l'industrie du nickel se trouve à un tournant de son histoire.

Comme le rappelait en 2006 David Humphreys, alors économiste de Norilsk, la production mondiale de nickel a longtemps été contrôlée par quelques entreprises minières. Les cinq grands du secteur – deux Canadiens (Inco et Falconbridge), un Russe (Norilsk), un Français (Eramet) – assuraient alors 90 % de l’offre globale. Puis l’industrie nickélifère s’est fragmentée avec l’arrivée de nouveaux acteurs en Australie, aux Philippines, en Indonésie et en Afrique du Sud. Le mouvement s’est accentué et, à l’aube des années 1990, le top 5 n’assurait plus que la moitié de la production mondiale. La tendance s’est depuis inversée et, avec le puissant cycle haussier des cours des non-ferreux, la stratégie est à nouveau au rachat des entreprises concurrentes. Les grands mineurs diversifiés vont ainsi refaire l'actualité en rachetant les mineurs spécialisés sur un ou deux métaux. Résultat : aujourd’hui, les cinq grands contrôlent à nouveau plus de 60 % de l’offre, et la tendance va s’accentuer avec la réalisation des projets en cours.

Deux nouveaux géants sur le Caillou

En 2006, l’échec de la tentative de fusion – trop tardive – entre les deux Canadiens Inco et Falconbridge, respectivement numéro deux et trois du nickel, va les fragiliser et ils vont à leur tour devenir la cible d’OPA hostiles. Le Brésilien Vale, connu alors sous l’acronyme CVRD, allait mettre 17, 6 milliards de dollars sur Inco et s’installer, derrière Norilsk, au deuxième rang. L’helvético-britannique Xstrata paiera pour sa part 16 milliards pour s’installer à la quatrième place  en rachetant Falconbridge. Ces deux
transactions feront de Vale et Xstrata deux acteurs majeurs du nickel en Nouvelle-Calédonie. Parmi les possessions des Canadiens se trouvent en effet les deux grands projets du Caillou, Goro et Koniambo. Eramet, après plus de 100 ans de « solitude » en Calédonie plonge à son tour dans l'arène et rachète Weda Bay Minerals en Indonésie pour y développer un gisement capable de produire 60 000 tonnes de nickel par an.

Norilsk conforte sa première place

Le mouvement de concentration se poursuivra en 2007. Norilsk Nickel rachète alors, au nez et à la barbe de Xstrata, l’Australien LionOre pour 6, 3 milliards de dollars après avoir précédemment repris, pour 408 millions, les activités nickélifères, situées en Finlande et en Australie, de l’américain OM Group. Confortant sa première place, Norilsk diversifie ainsi géographiquement ses activités dans le métal du diable en héritant du procédé hydrométallurgique Activox, développé par OM. Deux des minières canadiennes, qui ne sont pas passées sous la coupe des grands mineurs diversifiés, vont à leur tour unir leurs destinées. Avec une OPA amicale de 1, 4 milliard de dollars Sherritt International, très présent à Cuba,
s’empare de Dynatech, qui gère le projet Ambatovy à Madagascar. Xstrata, pour se consoler de l’occasion perdue avec LionOre jette son dévolu sur un autre australien, Jubilee Mines, qui tombe dans son escarcelle pour 3 milliards de dollars en février 2008, un prix supérieur de 35 % à sa dernière cotation.

Une tendance de fond


Ces mouvements donnent corps à une tendance de fond : avec des coûts d’exploration et de développement des gisements miniers en progression constante, il semble toujours plus rentable de racheter son concurrent que de se lancer dans de nouveaux projets. Ce qui a pour avantage supplémentaire d’augmenter son offre propre tout en limitant l’offre globale et donc de soutenir les prix, rappelait l’an dernier Graham Birch, le responsable de l’équipe de gestion Ressources naturelles de Black Rock, qui gère aujourd’hui 45 milliards de dollars d’actifs.

 

Sur le marché des métaux de Londres, les fluctuations des cours du nickel agitent les traders.
Photo : SLN
Les mineurs calédoniens, en particulier la SMSP, ont trouvé des débouchés en Chine pour leurs minerais à basse teneur en nickel.

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