Les élus sont revenus en seconde semaine pour épurer l’ordre du jour de la dernière session provinciale.
Objet de toutes les attentions, un code de développement remis au goût du jour pour coller au plus près
à la réalité du terrain.
Il n’avait pas été revu depuis sa création, en 1989. Le Codev, ou code de développement de la province Nord, a subi un toilettage en règle. Pas de changement fondamental en vue, mais, selon Joseph Goromido, le président de la commission du développement économique de la province Nord, « des aménagements qui viennent directement de la pratique des services sur le terrain et qui visent à améliorer l’efficacité des politiques publiques ».
Comme le rappelle le maire de Koné, « lors du lancement du Codev, on cherchait encore quel serait le moteur de développement de la province Nord ». D’où un Codev adapté aux spécificités de la province, avec une place de choix laissée aux microprojets et au secteur agricole.
Aujourd’hui, les choses ont bien changé. L’effervescence minière est passée par là. À Koumac et sur la zone VKP. Résultat, les élus en sont à parler de rééquilibrage… Interne à la province. « Il faut aider les zones situées hors de ces deux pôles où le privé est fortement présent, en les classant zones à soutien renforcé », explique Joseph Goromido, conscient que le fossé se creuse un peu plus chaque jour entre les habitants des différentes zones de la province Nord.
La donnée géographique n’est pas la seule nouveauté de ce Codev revu et corrigé. Y est également introduite la notion de secteur prioritaire où l’on retrouve notamment le bâtiment, premier et second œuvre, ou le tourisme dans la zone de développement à soutien renforcé.
« Les aménagements viennent directement de la pratique des services sur le terrain »
Le secteur agricole avec ses productions prioritaires (céréales, bovins, porcins, horticulture, apiculture…) se voit enrichi de modules spécifiques tels que le suivi d’élevage, l’amélioration des conditions de culture ou l’installation. Concernant la pêche, le taux d’aide directeur pourra être majoré pour les navires neufs construits en Nouvelle-Calédonie. Quant aux taux d’aide à la mise aux normes de sécurité et à la modernisation de la flotte, ils sont respectivement portés à 75 % et à 40 %.
Le reboisement se voit également assuré d’aides spécifiques. Tout comme d’ailleurs l’immobilier d’entreprise construit sur terres coutumières dans le cadre de sociétés civiles immobilières, qui pourra bénéficier d’un taux d’aide de 60 % maximum.
Enfin, il y a les aides à l’activité économique. Supprimées depuis 2004, elles sont remises au goût du jour pour, dixit Joseph Goromido, « favoriser la création d’emplois et baisser les charges des entreprises ». Cela va des emplois aidés (de trois à cinq selon l’effectif de l’entreprise), en cas de création d’entreprise ou d’agrandissement d’entreprise existante, aux aides à l’accès à l’emploi, en passant par la prise en charge des cotisations sociales de l’entrepreneur ou les aides aux études préalables, aux suivis techniques et comptables ou à la promotion commerciale.
En clair, « il s’agit d’optimiser le développement pour qu’il soit équilibré sur l’ensemble de la province et adapter le seul outil disponible, en l’occurrence le Codev, en fonction des constats et des besoins ».
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