| Un process « très peu polluant » |
Voici le détail du process développé par Eramet dans son centre de recherche en région parisienne. À terme, ce procédé pourrait également être mis en œuvre en Calédonie si les conditions sont satisfaisantes pour la SLN.
Le traitement comprend 6 étapes :
1) Mise en pulpe et lixiviation atmosphérique :
la garniérite et la latérite sont broyées et mises en pulpe en ajoutant de l’eau de mer. On rajoute ensuite à cette pulpe de l’acide sulfurique dans une série de cuves agitées, ce qui permet une lixiviation atmosphérique à 100°C et sans pression.
2) Neutralisation primaire et traitement du résidu solide :
du lait de calcaire est ajouté à la pulpe, c’est la neutralisation primaire. Le solide est ensuite séparé du liquide par décantation à contre-courant, puis lavé à l’eau.
3) Neutralisation secondaire :
du lait de calcaire est ajouté au liquide obtenu pour neutraliser le produit une seconde fois.
4) Extraction par solvant :
Le nickel est séparé du cobalt et du manganèse par extraction par solvant.
5) Extraction du nickel, du cobalt et du manganèse:
de la magnésie est ajoutée à la solution de nickel pour obtenir de l’hydroxyde de nickel (un produit semi-fini). Puis du sulfure de sodium est ajouté à la solution pour obtenir du sulfure de cobalt. Enfin, le manganèse est récupéré dans la solution après précipitation du cobalt. En additionnant du lait de chaux, on produit un « gâteau » d’hydroxyde de manganèse qui pourra être valorisé.
6) Traitement des effluents :
les effluents liquides sont neutralisés à la chaux puis clarifiés. Les matières en suspension sont récupérées et recyclées pour récupérer les métaux afin que les rejets dans l’environnement respectent les normes en vigueur. Avec 10 tonnes de CO2 par tonne de nickel, le procédé perfectionné à Trappes serait l’un des moins polluants, rejetant dans l’atmosphère deux fois moins de CO2 que celui de Goro, près de trois fois moins que la pyrométallurgie utilisée par SLN, et six fois moins que les producteurs de fonte de nickel en Chine. De plus, il n’utilise pas d’énergie fossile (il auto-génère même sa propre énergie). Enfin, « le résidu inerte pourra être stocké progressivement sur le site de la mine à ciel ouvert et revégétalisé », explique Bertrand Berthomieux. Un processus progressif qui intègre les coûts de remise en état de la zone minière aux coûts de production au lieu de reporter la réhabilitation à la fin de vie de l’exploitation, un coût important qui peut mettre en danger l’équilibre du projet quand il arrive à son terme.
Outre son application sur le nouveau site de Weda Bay, « ce procédé va permettre de prolonger la durée de vie des sites miniers de la SLN en Calédonie, en particulier à Thio et à Kouaoua, en permettant l’exploitation des garniérites à basse teneur », souligne Christian Plazanet, responsable du département hydrométallurgie de la branche nickel d’Eramet. À terme, la SLN souhaite également mettre en œuvre deux unités hydrométallurgiques en Calédonie, au Sud et Nord de la Grande Terre.
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