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  Dossier > Nickel 2008 - 03/07/2008    
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Tous les articles du dossier : Nickel 2008

Les industriels se mettent au vert
Les entreprises minières et métallurgiques ne peuvent plus considérer la nature comme une richesse à exploiter sans ménagement, et sans se soucier des conséquences pour la région. Face à une législation qui leur impose désormais des garanties en matière de respect de l'environnement, les industriels ont aussi compris que leur réputation est en jeu.

La ville de Norilsk, l’ancienne colonie pénitentiaire (en russe Goulag) à partir de laquelle s’est développé le géant homonyme du nickel, Norilsk Nickel, n’est vraiment pas la meilleure publicité environnementale pour la production du bien nommé, métal du diable. Et pour cause : Norilsk est l’une des dix villes les plus polluées au monde selon le Blacksmith Institute. Malgré les importants efforts consentis par l’entreprise minière, l’institut a constaté lors d’une visite en 2007, un exceptionnel taux exceptionnel de pollution atmosphérique responsable de 37 % de la mortalité infantile et de 21,6 % de celle des adultes !
Si aujourd’hui même Norilsk consacre une partie de ses profits (325 millions de dollars en 2007, 13% de plus que l’année précédente) à limiter ses rejets dans l’atmosphère, sa consommation d’eau et sa production de déchets, c’est que les temps ont vraiment changé. Les entreprises minières et métallurgiques ne peuvent plus considérer la nature comme une réserve illimitée de richesses à exploiter sans ménagement et dans laquelle ils peuvent déverser scories, résidus et effluents sans se préoccuper des conséquences pour les hommes et la nature.  Un groupe de pression, l’Environmental Investor Services, a écrit aux actionnaires minoritaires de Norilsk pour les encourager à élire plus de directeurs indépendants au conseil d’administration du groupe afin que la question environnementale soit mieux prise en compte. 

Des professionnels sous surveillance

Dans les rapports annuels des grands de la mine, on peut désormais lire, après les chapitres consacrés aux résultats et la stratégie du groupe, celui dédié au développement durable. De même, dans la partie consacrée aux résultats, après la sécurité (les accidents), on trouve désormais un bilan environnemental. Une progression qui n’allait pas de soi, le scandale de Metaleurop est encore dans toutes les mémoires. Et aujourd’hui Xstrata, qui contrôlait à l'époque Metaleurop, consacre une part importante de son site à sa politique environnementale. Comme le souligne la société de Zoug, pour obtenir les autorisations nécessaires à l’exploitation des gisements miniers, il faut maintenant « gagner et maintenir une réputation d’intégrité et de responsabilité conforme aux standards les plus élevés ».
Illustration de ce changement, deux ONG, Mining Watch (au Canada) et le Mineral Policy Institute (en Australie) se sont spécialisés dans la surveillance des excès des compagnies minières, dans leur propre pays et dans les pays étrangers, particulièrement dans les pays émergents qui ne disposent pas de législation minière contraignante.

Obligation de remise en état

Une surveillance ne doit pas faire oublier les autres dangers pour l’environnement générés par l’activité minière. Car évidemment, l’exploitation minière et l’ouverture des chemins d’accès entraînent la dégradation de la végétation – un problème majeur dans un contexte d’écosystème fragile – et une amplification des risques d’érosion provoquée par l’augmentation des surfaces dénudés. 
Depuis une trentaine d’années, les méthodes de prospection et d'exploitation se doivent – dans les pays à législation contraignante –  d’être plus respectueuses de l'environnement. En premier lieu, elles doivent obligatoirement faire l'objet à terme d'une remise en état. De plus, les entreprises minières doivent gérer leurs déchets, contrôler les conséquences de leur activité sur les eaux pluviales et la pollution, et surtout mener une politique de revégétalisation, indispensable à remise en état des zones exploitées. Les stériles sont stockés en décharges, théoriquement stabilisés et contrôlés.
La revégétalisation, une méthode encore perfectible, permet de fixer ces stériles. « La revégétalisation des anciens travaux miniers à l'aide des espèces de la flore locale est un principe qui semble admis par les différentes sociétés minières. Les applications demeurent toutefois encore trop limitées. Goro nickel envisage de recouvrir les résidus du traitement métallurgique d'une couche épaisse de latérites et de les revégétaliser à l'aide des espèces de la flore locale », explique Tanguy Jaffré de l’IRD à Nouméa. 
Sur le plan de la production industrielle, des systèmes de captage ont permis de réduire considérablement les émissions de poussières des usines pyrométallurgiques.

Les rejets marins et atmosphériques sur la sellette


Les nouvelles unités hydrométallurgiques nécessitent, elles, l’utilisation de grandes quantités d’eau, qui seront ensuite rejetées dans le milieu marin. L’effluent, à la composition proche de celle de l’eau de mer, peut, selon les entreprises, être rejeté sans danger dans la mer, à la condition d’avoir été débarrassé de ses éléments métalliques. Une opération qui nécessitera un suivi attentif, ont souligné les spécialistes associés à ces projets. 
Enfin, problème annexe mais capital, les besoins en énergie des nouveaux projets nécessitent la construction de centrales thermiques, lesquelles générent des rejets atmosphériques. Eramet se félicite de son système de lixiviation atmosphérique, pratiquement neutre au niveau énergétique et qui n’entraînera pas la construction d’une centrale. Ce n’est pas le cas de Goro Nickel car l’autoclave à haute pression, vorace en énergie, requiert une centrale dédiée, qui de plus sera alimentée au charbon, la ressource la plus facilement disponible sur le Caillou depuis l'Australie voisine.
La SLN convient de son côté que sa vieille centrale de Doniambo n’est plus aux normes et devrait être remplacée par une nouvelle centrale en 2011. Toujours alimentée au charbon, celle-ci utilisera un procédé à lit fluidisé circulant, un compromis acceptable selon l’entreprise qui convient qu’elle continuera de rejeter du CO2, mais en quantité sensiblement réduite.

 

La SLN convient que sa vieille centrale de Doniambo n’est plus aux normes. Raison pour laquelle elle sera remplacée par une nouvelle en 2011. Toujours alimentée au charbon, elle continuera de rejeter du CO2, mais en quantité sensiblement réduite. Photo : Marc Le Chélard

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