En 1989, la délibération 104 relative à la fiscalité minière et métallurgique a poussé les communes à accélérer la réhabilitation des anciennes mines. Ce travail passe, le plus souvent, par une revégétalisation des sites. Sur le Caillou, trois sociétés se sont déjà spécialisées dans ce domaine.
Qui n’a jamais parcouru la Grande Terre sans voir ses flancs de montagnes écorchés vifs par l’activité minière ? Si le nickel reste l’une des fiertés de la Nouvelle-Calédonie, voilà presque 20 ans que la délibération 104, relative à la fiscalité minière et métallurgique, a engagé la voie de la réhabilitation de l’environnement minier.
Depuis 1989, les entreprises minières peuvent se libérer d’une partie de leur impôt sur les bénéfices industriels, dans la limite de 15 % de l’impôt liquidé et à hauteur de 250 millions maximum, par le biais de versements aux communes dotées d’un Comité de réhabilitation. Le montant est établi en fonction des projets présentés par la commune, dans la limite de 15 % de l’imposition de la société, avec un plafond de 250 millions. Aujourd’hui, trois sociétés – Siras Pacifique, Endémic et Pacifique Jardin, se sont lancées dans la revégétalisation des sites miniers. « Siras est en fait née de la volonté de la SLN avec Bernard Pelletier, de répondre à leurs besoins en 1992, raconte Claire Nicolas, responsable des études chez Siras. Nous travaillons aujourd’hui surtout pour les centres miniers, mais aussi pour les communes ».
Difficultés de terrain
Mais si, sur le papier, revégétaliser une zone touchée par l’activité minière semble facile, dans la réalité il n’en est rien, et les sociétés spécialisées éprouvent aujourd’hui beaucoup de difficultés à mener à bien leur mission quand, par exemple, les terrains sont trop accidentés ou « quand nous traversons une période aussi intense de pluies que ces derniers mois, précise encore Claire Nicolas. Nous travaillons sur le vivant et nous devons donc surtout nous inquiéter en amont de la récolte des graines, de leur germination et de leur mise en terre. » Face à cette tâche complexe, Siras Pacifique a décidé de créer sa propre pépinière, à Plum, qui lui permet aujourd’hui de s’auto-suffire, « même si 2008 s’annonce très difficile. Nous arrivons, dans les bonnes années, à fournir aussi d’autres sociétés en manque de plants ou de graines ». Deux techniques sont actuellement usitées pour végétaliser les sites miniers : la plantation ou le semis hydraulique. Cette dernière technique demande encore beaucoup d’amélioration car 2 000 à 3 000 graines de plantes endémiques sont nécessaires à 1m2 de terrain. Le résultat n’est pas encore totalement satisfaisant puisque seuls 10 à 40 plants résistent au lessivage du sol notamment. « La technique demande encore beaucoup d’améliorations. C’est pourquoi nous avons créé un pôle recherche dans notre cabinet d’étude, avoue-t-on chez Siras Pacifique. La révégétalisation est un travail difficile et les travaux sont très physiques. Ces terrains sont parfois très accidentés et les conditions de sécurité exigeantes ».
Des coûts exponentiels
La revégétalisation des sites miniers sert trois objectifs : lutter contre l’érosion, restaurer écologiquement les sites avec des espèces pionnières et redonner son visage presque initial au paysage. « Il faut prendre conscience qu’il n’y a pas véritablement de retour en arrière en matière d’espèces de plants, explique Stéphanie Menet, chargée d’étude environnement pour la sociét d’ingénierie Mines-R-Eaux. Tous, nous tendons à recréer un milieu aussi naturel que possible, mais la première urgence est bien sûr de freiner l’érosion et la dégradation des sites. Notre cabinet fait appel aux sociétés de revégétalisation après avoir validé, sur le terrain, la méthode la plus adaptée. Notre deuxième préoccupation, c’est bien entendu la protection des points d’eau notamment dans les endroits les plus dégradés ». Mines-R-eaux vient de débuter deux chantiers, à Thio et à Païta, dans le cadre de la délibération 104. Depuis 1990, 11 communes ont mis en place sur le terrain leur Comité actif de réhabilitation des sites miniers. Au total, près de 1,825 milliard XPF a été versé depuis 1990, dont 78 % durant la période 2000-2006. Aujourd’hui, des travaux de réhabilitation ont été réalisés ou sont en cours de réalisation sur une vingtaine de sites miniers. « Au final, cela reste une histoire de coût. Les techniques sont aujourd’hui très chères, les sites parfois difficiles d’accès et les prix rapidement exponentiels. » Trois facteurs qui peuvent en décourager certains.
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