| Tiébaghi fait son cinéma à la boulangerie |
La cinquième édition du festival Naidoc a débuté dimanche dernier et s’est achevée hier à La Foa. Les films célébrant la richesse des cultures aborigènes ont fait le tour de la côte. Mercredi soir, ils étaient diffusés dans un endroit aussi insolite que spectaculaire : la boulangerie de Tiébaghi.
Pas besoin de sièges rembourrés pour savourer un bon film. Mercredi soir à Tiébaghi, les festivaliers de la Semaine des Aborigènes et des insulaires du détroit de Torres étaient installés par terre ou sur des tabourets pour découvrir les trois courts-métrages présentés.
Un cinéma pas tout à fait comme les autres donc, même le traditionnel pop-corn était remplacé par un délicieux steak de cerf. Histoire de se mettre en bouche avant la projection. « C’est comme ça chez nous, explique Henri Reuillard, le président de l’ASPMHNC (Association pour la sauvegarde du patrimoine minier et historique du Nord calédonien), et puis nous sommes tellement fiers d’accueillir pour la première fois le festival que ça fait environ trois semaines qu’on prépare, qu’on en parle. » Tellement fiers que les membres se sont mis en quatre pour accueillir les spectateurs dans la boulangerie du village minier dont les fours avaient encore chauffé la semaine dernière. D’un côté, la brique noircie, de l’autre, la toile blanche : le décor est insolite, les films le sont également.
« Les images suffisent à comprendre et à faire passer le message »
Une touche de poésie, un soupçon d’humour, le cinéma aborigène est à la fois touchant et percutant. Et même si la plupart des réalisateurs sont méconnus du public calédonien, certains noms comme celui de Sally Riley commencent à faire écho chez les cinéphiles de la place. « Le choix des films s’est fait selon trois critères. Ils devaient être pertinents intrinsèquement, il fallait qu’ils touchent le public d’ici et, de préférence, qu’ils soient sous-titrés », indique Philippe Boisserand, chargé de diplomatie publique au consulat général d’Australie. C’est aussi lui qui coordonne cette cinquième édition du festival Naidoc.
Sur les trois courts-métrages présentés mercredi soir à Tiébaghi, seulement le premier était sous-titré mais, pour Armande, peu habituée à ce genre de cinéma, cela n’a fait aucune différence : « Moi, j’ai beaucoup aimé, les images suffisent à comprendre et à faire passer le message. » À côté, Roger aurait, lui, « préféré que tout soit sous-titré ». En tout cas, les films n’ont laissé personne indifférent. En sortant de la boulangerie, tout le monde en redemandait. « Nous espérons que vous reviendrez l’année prochaine », insiste le président de l’association. Le rendez-vous est pris.
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