| Apprendre à déguster le vin en toute modération |
Six séances pour apprendre à connaître et reconnaître le vin ? C’est ce qu’a proposé William Haudra, œnologue diplômé, à douze participants inscrits à cette initiation placée sous les auspices de Bacchus.
« Avant de se boire un verre de vin, plusieurs examens s’imposent », explique le professeur de restauration au lycée polyvalent des Îles, William Haudra, à un groupe de douze participants. Ce diplômé en œnologie a concocté une série de six séances d’initiation à la dégustation de vins rouges, blancs, rosés.
Ces rendez-vous ouverts à tous ont débuté il y a un mois et se sont déroulés une fois par semaine. Tous ont appris que déguster du vin est un art faisant appel à plusieurs sens.
Tout d’abord, il importe d’observer sa robe, sa texture, ses « larmes », sa brillance. Sa couleur peut varier du rouge vermillon au grenat tuilé en passant par les nuances violacées. Ensuite intervient le nez. Il faut porter le verre aux narines pour donner ses premières impressions. Elles peuvent être fruitées, florales, végétales, épicées, sucrées, fermentaires, animales, empyreumatiques (comme le cacao, le pin grillé), boisées ou chimiques. Pour repérer ces arômes, il faut opérer un mouvement rotatif dans un sens puis dans l’autre afin d’oxygéner le vin. Enfin, arrive le moment de faire couler dans son palais une petite gorgée de vin en aspirant de l’air. Puis, il faut souffler afin de bien saisir ses premières impressions pour l’attaque en bouche.
« Son attaque en bouche est généreuse, la bouche dévoile des tanins subtils »
La « finale en bouche » ou la caudalie, mesure en secondes la durée de la saveur qui reste en bouche. Plus celle-ci est longue c’est-à-dire « persistante », « plus le vin est travaillé » ajoute Franck. Cela signifie qu’il a été vendangé manuellement, qu’il a reposé dans une cuve en inox spéciale ou dans un fût de chêne pendant au moins vingt-quatre mois.
L’élève ressent une certaine fierté, après avoir dégusté un Château Artigue-Arnaud de 2005, de pouvoir exposer que « ce vin présente une robe violet profond avec des reflets brillants, qu’il révèle une complexité aromatique aux notes poivrées, aux accents de fruits mûrs. » Il précise encore que « son attaque en bouche est généreuse et que la bouche dévoile des tanins subtils puis fait preuve de complexité sans dureté ni amertume ». Il a même appris une chose qu’apparemment Bacchus ignorait et que la loi nous rappelle : cette boisson est à consommer avec modération.
Six séances en tout, à déguster dans la bonne humeur une myriade de vins dits tranquilles, et à savoir comment les accommoder avec différents mets. Les gourmets en redemandent.
Ces rendez-vous ont remporté un tel succès que la fête des palais n’est pas terminée. Elle reprendra pour le plus grand plaisir de tous à partir du 23 septembre prochain. Au menu : découverte gustative des grands vins des régions françaises.
Renseignement Franck Chauzy. Tél. : 92 13 57
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