| Le filon vert prend son essor |
On connaît très bien le filon vert du nickel, un peu moins celui de l’horticulture. La filière a pourtant explosé ces cinq dernières années. Et elle fait vivre de plus en plus de gens en province Nord.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 37 millions de chiffre d’affaires en 2003, 100 millions en 2006. Une évolution qui se traduit aussi par le nombre d’exploitations : quarante-sept en 2003, cent vingt-quatre en 2006, près de deux cents en 2008.
L’horticulture, aujourd’hui en province Nord, est la cinquième filière en termes de chiffre d’affaires, derrière les bovins, les fruits et légumes, les porcins et les céréales. Et elle devrait progresser dans les années qui viennent si l’on en croit Michel Helly, le chef du service agriculture de la province. « C’est une filière toute neuve qui a fortement progressé, qui commence à rapporter et qui devrait exploser dans les cinq prochaines années. »
À condition toutefois de se diversifier si l’on en croit le technicien. « Les producteurs ont compris qu’il n’y avait pas que la cordyline ou les colombos dans la vie. Certains disposent maintenant d’un large éventail d’espèces, d’autres se sont spécialisés dans la plante endémique. »
Consciente de l’enjeu, l’antenne IAC (Institut agronomique calédonien) de Saint-Louis élabore chaque année depuis 2006 de nouvelles « recettes » et les transfère ensuite aux pépiniéristes avec quelques pieds mères. À charge pour eux de les faire grandir et de les multiplier. « Au départ, nous avons fait appel à un noyau de quatre ou cinq volontaires que nous devions évaluer au bout d’un an, explique Michel Helly. Aujourd’hui, nous en sommes au troisième transfert (six nouvelles espèces seront ainsi fournies en novembre) et cela marche plutôt bien. »
« Les producteurs ont compris qu’il n’y avait pas que la cordyline ou les colombos »
Concernant le profil des pépiniéristes, la quasi-totalité (90 %) sont des femmes. Elles ont commencé à faire pousser des plantes autour de leurs maisons avant d’aller les vendre à la fête du village, puis à celles des autres communes.
Elles sont équitablement réparties sur la province (42 % du chiffre d’affaires de la filière est à l’Est et 58 % à l’Ouest et au Nord). Et, contrairement aux pépiniéristes du Sud, privilégient la vente directe.
Cinq ans après après ce qu’on peut qualifier de timide démarrage, elles sont de plus en plus nombreuses à participer à tous les rassemblements de ce type sur le territoire. Et, surtout, elles se professionnalisent. « On est passé de l’amateurisme à un vrai savoir-faire, confirme Michel Helly. Et même si tout se vend, et plutôt bien, les professionnels ont compris qu’il leur fallait se former et s’équiper de matériel spécifique. »
En classant la filière « prioritaire » dans le nouveau Code de développement, la province a décidé de « soutenir fortement le développement et la spécialisation des professionnels de l’horticulture. » Et elle leur propose aides individuelles, programme d’animation annuel, formations thématiques et autres ateliers techniques. Avec un double objectif : préserver le marché local des offensives extérieures et permettre aux producteurs locaux de se positionner sur des marchés porteurs comme le reboisement, la réhabilitation des sites miniers et des forêts sèches, les plantes ornementales ou les plants fruitiers.
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