| Ne devient pas tuteur qui veut |
Le premier colloque de l’apprentissage s’est terminé hier, à Koné. Il a permis de brosser des pistes de travail et de créer une dynamique. Il a aussi mis en évidence que devenir tuteur ne s’improvise pas. Il s’agit d’un métier à part entière qu’il faut apprendre à exercer.
« On ne transmet pas une expérience. D’abord parce qu’elle est personnelle, ensuite parce qu’elle s’appuie sur des années de pratique. On en fait profiter un jeune en l’aidant à construire la sienne. » Quand on l’interroge sur l’apprentissage, André Zeitler est intarissable. Sollicité pour intervenir lors du premier colloque sur l’apprentissage, ce docteur en sciences de l’éducation du Conservatoire des arts et métiers a longuement étudié le sujet. Il s’est notamment intéressé à l’alternance, au travail des tuteurs et « à la façon dont les apprentis apprennent ou n’apprennent pas dans le cadre professionnel ».
Hier matin, dans la salle de la mairie de Koné, il n’y avait pas grand monde pour l’écouter, mais ses explications ont interpellé. « Le travail de tuteur n’est pas évident. Une personne compétente dans son métier ne donne pas forcément un bon tuteur. » En clair, l’apprentissage ne se résume pas à « Regarde comment je fais et fais comme moi ». Il faut y associer les deux aspects fondamentaux que sont le relationnel et les techniques de formation.
« Le problème n’est pas sur le quoi transmettre mais sur le comment transmettre. » Le spécialiste préconise de réorganiser le système de formation en alternance et de former les tuteurs ou maîtres d’apprentissage. Un message largement relayé par l’autre intervenant du colloque, Stéphane Balas, chargé au ministère de la Jeunesse et des Sports de la rénovation des diplômes. « Il nous faut impliquer, dès la création du diplôme, tous les acteurs professionnels et construire les diplômes après une vraie analyse du travail sur le terrain. »
Pour Patrick Cottin, directeur du Centre de formation de la CCI, « l’affluence au colloque (cinquante personnes en moyenne aux conférences et autant à la journée de travail) montre la volonté des différents acteurs de faire évoluer la problématique ». Et même s’il n’y avait pas grand monde à Koné, les gens ont pris conscience de l’importance de l’apprentissage et de la difficulté à faire évoluer le dispositif.
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