En laissant se développer les gîtes larvaires, l’homme contribue à la prolifération du moustique vecteur de la dengue. Une formation destinée aux agents municipaux des communes du Nord s’est tenue à la mairie.
Mille trois cas de dengue de type 1 ont été détectés depuis le début de l’année en Nouvelle-Calédonie. Principalement dans le sud de la Grande Terre, à l’île des Pins et à Lifou. Toutefois, le risque de reprise épidémique au retour des chaleurs est important. D’autant qu’un autre type de dengue (type 4) absent depuis vingt-huit ans, sévit dans les pays de la région et véhicule une forme de dengue contre laquelle la population n’est pas immunisée.
C’est dans ce contexte que la cellule santé-environnement de la DASS, (Direction des affaires sanitaires et sociales) a organisé, mardi dernier à la mairie, une formation destinée aux agents communaux ayant un rôle en matière de lutte contre la dengue. Ne pas attendre l’épidémie pour agir a été le message retenu lors de cette réunion. Car cette maladie infectieuse, transmise par le moustique Aedes aegypti, est virale et il n’existe donc ni traitement, ni vaccin pour lutter contre elle.
« À raison de quatre pontes d’une centaine d’œufs par moustique, sa prolifération peut devenir un réel danger pour l’homme. Et, sur six mille cas de dengue lors de l’épidémie de 2003, dix-neuf ont été mortels », rappelle Catherine Cataldo, infirmière à la DASS. Ce moustique s’adapte parfaitement aux conditions favorables créées par l’homme et en quelque sorte « l’Aedes aegypti, c’est un moustique que l’homme élève », ajoute-t-elle.
Pour Caroline Fuentes, ingénieur sanitaire à la DASS, « la prévention reste le seul moyen de lutter contre les deux types de moustiques dont les procédés diffèrent selon le cas. »
« L’Aedes aegypti, c’est un moustique que l’homme élève »
Il a également été rappelé que l’épandage de l’adulticide de manière régulière est interdit. S’il demeure efficace dans le cadre des interventions sur des cas de dengue, à l’inverse, il devient inopérant lors d’épandages systématiques. Comme l’explique Edouard Bourguet, de l’Institut Pasteur de Nouméa, « cela ne fait que créer des générations d’insectes résistants qui rendent les traitements totalement inefficaces. Pire encore, il favorise sa mutation. » En revanche, il est tout à fait possible d’envisager une élimination importante de ce moustique si chacun se conforme aux attitudes de prévention connues, notamment sur les gîtes larvaires avec élimination des eaux stagnantes.
Autre point abordé par le docteur Dominique Salino, de la médecine du travail : les effets des pesticides sur l’homme. Si leur utilisation ne semble pas avoir une nocivité avérée, il n’en reste pas moins qu’elle peut avoir des effets toxiques et amener des complications sur des personnes sensibles. Seules les précautions d’utilisation (port de masque, gants, combinaison), éviteront tout danger d’intoxication.
Pour les représentants des communes de Kaala Gomen, Koné, Touho et Ponérihouen, toutes ces informations ont été enrichissantes. Et pour les compléter, les agents techniques pourront, s’ils le souhaitent, solliciter une formation de terrain auprès du Sipres (Service d’inspection de prévention des risques environnementaux et sanitaires).
|
Dans la même rubrique |
|
|
 |
A la une |
|
|
 |
|