| Ilene Barnes : « Des expériences très fortes » |
Les Nouvelles calédoniennes : Pourquoi avez-vous accepté de participer à ce festival ?
Ilene Barnes : A priori, n’importe quel festival mérite qu’on y participe, même en pleine guerre si tu crois que ça peut aider. Dans ce cas précis, j’étais déjà venue en 2006 et j’avais découvert un pays, un peuple, une histoire que je ne connaissais pas. J’étais très contente d’y revenir. »
Avez-vous trouvé le pays changé ?
« A Nouméa, j’ai été surprise du boom de l’immobilier. Surprise et attristée. Je sais que les gens ont besoin de se loger, mais je trouve toujours dommage que l’on dénature un endroit. Du coup, quand je suis allée à Ouvéa, j’ai pris plein de photos parce que j’ai la sensation que c’est la dernière fois que je vois l’île telle qu’elle est actuellement. »
Quelles images garderez-vous de ce second passage en Nouvelle-Calédonie?
« Je n’oublierai jamais le sens du rythme et la concentration des enfants d’Ouvéa. Ni la rencontre, à Pouembout, avec un petit garçon de 8 ans aux cheveux roux et au visage parsemé de tâches de rousseur. Alors que je lui demandais tout innocemment s’il était français, il m’a d’abord répondu avec un brin d’agressivité qu’il était d’ici et qu’il n’était pas blanc, mais kanak. Devant ma surprise, il m’a dit que son père était kanak et qu’il se sentait kanak avant tout. Nous avons ensuite parlé du métissage, de la richesse d’avoir des parents d’origine ou de couleur différentes. Il a alors baissé les armes (il était arrivé avec deux pistolets en plastique) et s’est apaisé. C’était une expérience très forte. »
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