Si l’on compte les 150 personnes qui ont assisté au concert d’ouverture organisé vendredi à Pouembout, le Festival Femmes Funk bat son record d’affluence dans le Nord avec près de 4 000 entrées contre un peu moins de 3 000, l’année dernière à Koumac.
«Merci pour ce grand moment de bonheur. » Le compliment s’adresse à Ilene Barnes. Il vient d’une spectatrice qui a assisté, la veille au soir, au concert très réussi de la chanteuse américaine. Et il résume bien le sentiment général du public et des organisateurs, à l’issue de la seconde édition du Festival Femmes Funk dans le Nord. « Nous sommes vraiment ravis, confirme Marie-France Auguet, la présidente de l’association organisatrice Towanda Prod. De l’affluence bien sûr, mais aussi d’avoir été accueillis par un centre culturel particulièrement investi. »
Interrogée sur son ressenti, Sonia Meuret-Kondolo, la directrice dudit centre, qualifie l’aventure d’extrêmement positive. « C’était la première fois qu’on accueillait un festival et, bizarrement, ça n’a pas été trop lourd car il y a eu une bonne synergie entre Towanda Prod, le centre, la tribu de Baco et les associations (association indonésienne, Vecha, Tangadé...) que l’on a sollicitées. »
A écouter les commentaires des uns et des autres, le public s’est lui aussi éclaté. Aussi bien lors des nombreux concerts donnés entre vendredi et dimanche soir, que lors des pauses. « Le site est vraiment extraordinaire, s’extasiait ainsi une jeune femme venue tout spécialement de Nouméa. Bien exposé et bien aéré. »
« Si vous voulez vider une canette ou fumer la moquette, allez le faire ailleurs. »
Samedi, à l’heure des discours, Patricia Goa, élue provinciale, avait déclamé un discours dont elle a le secret.
Avec l’incontournable volet politique inhérent aux prochaines échéances électorales, mais aussi avec le rappel historique qu’elle ne manque jamais de faire. « Ce site est né à la fin des années quatre-vingt-dix, a-t-elle indiqué. Si vous creusez, vous allez trouver des coquillages parce qu’avant, les gens de la terre faisaient ici des échanges avec les gens de la montagne, d’où le nom de è Poa Boa Vi Thila » donné au centre culturel. Avant de conclure par un appel à la responsabilité de chacun : « Ce soir, il y a des femmes et des enfants sur le site. On ne peut pas mettre un agent de sécurité derrière chaque personne. Alors, si vous voulez vider une canette ou fumer la moquette, allez le faire ailleurs ! » Son appel, ajouté aux précautions prises par l’organisation, a porté ses fruits puisqu’il n’y a eu aucun débordement avant, pendant et après le festival.
Concernant l’avenir du festival, Marie-France Auguet a annoncé la création d’un festival dans le festival. « Gosses Funk aura lieu en même temps que Femmes Funk et se déroulera sur les mêmes sites. La seule différence, c’est qu’il sera destiné aux enfants, qu’ils soient simples participants ou artistes en herbe. » Quant à une troisième incursion dans le Nord, rien n’est encore décidé. « Si on pouvait l’accueillir tous les ans, ce serait merveilleux, confie seulement Sonia Meuret-Kondolo. Ce sera à la province de décider. »
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