| Martial Bamy, le plaisir du partage |
Il y a huit ans, Martial Bamy accueillait ses premiers touristes à Wérap. Aujourd’hui, on l’appelle depuis la Métropole pour réserver ses petites cases. La recette de ce succès est pourtant simple : « rester soi-même et aimer partager ».
Son sourire est généreux, ses paroles chaleureuses et son discours bien ficelé. Ça se voit, Martial Bamy aime accueillir les touristes dans sa tribu. Pourtant, « au départ, j’avais un peu peur, je ne savais pas trop quoi faire, je me demandais comment bien recevoir ».
C’était il y a huit ans. À l’époque, l’accueil en tribu n’existait pas et l’office du tourisme de Hienghène tentait de sensibiliser les gens au développement de ce secteur. « Je me suis dit, pourquoi pas. Alors j’ai fait une coutume avec les chefs et on a commencé l’activité. » Et tout naturellement, ça a fonctionné.
Martial Bamy a la parole facile et prend rapidement ses repères. « Je me suis aperçu que les gens voulaient simplement découvrir et partager notre quotidien. » Alors il les emmène à la pêche, à la chasse ou aux champs. « Maintenant, je récolte même des légumes plantés par les touristes. » Petit à petit chaque membre de sa famille apporte un petit truc en plus. Son fils, qui parle anglais, s’amuse à faire la traduction. Car « les gens viennent de partout,. J’ai même eu un Coréen l’an dernier. » Ses filles font visiter les lieux, travaillent la cuisine tout en plaisantant avec leurs hôtes. Même les gens de la tribu ont emboîté le pas. Le fabriquant de monnaie kanak a ouvert ses portes et un guide équestre propose maintenant des balades à cheval.
« On ne décide pas d’accueillir les touristes comme ça. Il faut déjà être ouvert aux autres. »
L’an dernier, mille huit cent quatre-vingt-trois touristes sont passés par Wérap. « Je ne m’en suis même pas aperçu », souris humblement Martial Bamy. Ce résultat n’est pourtant pas le fruit du hasard. « On ne décide pas d’accueillir les touristes comme ça. Il faut déjà être ouvert aux autres, briser les barrières culturelles, simplement en discutant », reconnaît le maître de maison.
Cette ouverture d’esprit, il l’a sans doute toujours eue. « J’aimais déjà partager le petit-déjeuner avec des personnes de la tribu. » Aujourd’hui, il se nourrit des rencontres avec ses hôtes de passage. « J’ai même reçu un grand cuisinier qui m’a appris des petits trucs pour les plats ! » En échange, il dévoile ses coutumes et ses traditions. Des valeurs auxquelles il tient particulièrement. « En les partageant avec les touristes, c’est comme ça qu’on les entretient. »
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