| Un établissement qui a une âme |
Les élèves du lycée professionnel Johanna-Vakié ont fait des heures supplémentaires, samedi, pour célébrer le trentième anniversaire de leur établissement. Défilé de mode, bingo, visites des classes, tout était prévu. C’était aussi le moment de se rappeler de bons souvenirs. Avec un brin d’émotion.
Ce n’était pas un anniversaire comme les autres. Bien sûr, il y avait le gâteau, les brochettes et les animations traditionnelles… mais il y avait un petit quelque chose en plus, samedi, lors de la célébration des trente printemps du lycée Johanna Vakié de Houaïlou. « Ce sont les élèves, elles sont assez exceptionnelles. Il n’y a pas de problème, elles sont toujours partantes », explique Elizabeth Vakié, professeur. « C’est parce que ce lycée a une âme », répond du tac au tac Christine Dathieux, ancienne directrice de l’établissement.
Émue de revenir dansle lycée qu’elle a dirigé de 1990 à 1993, elle scrute les lieux dans les moindres détails. « Dire qu’au départ, on faisait les cours par terre… Et cette salle, je pensais que ce serait du provisoire ! » Les murs sont toujours là, avec quelques cases en plus. Et, bien sûr, la photo de Johanna Vakié affichée dans l’une des salles.
Les élèves connaissent-t-elles, au moins, le personnage qui a donné son nom à l’établissement ? « Absolument pas », s’étonnent Jénina et Daniella. « C’était une sœur je crois », répond fièrement Vanessa. C’était effectivement une sœur, mais pas n’importe laquelle. « Elle était très déterminée », insiste l’une de ses nièces qui est venue avec plusieurs membres de sa famille, à l’anniversaire. Originaire de l’île des Pins, Johanna Vakié était l’aînée de sa famille. Très tôt, elle a trouvé sa voixedans la religion et a donné toute son énergie à l’éducation des jeunes filles. Elle a d’abord enseigné à Koné avant de venir sur la côte Est. C’est elle qui est à l’origine des cours ménagers, une sorte de préparation à la vie où l’on apprenait la couture, le ménage, comment s’occuper de ses enfants. Atteinte d’une leucémie, elle a disparu un jeudi Saint des années soixante-dix. Mais sa mémoire est encore bien présente et son action porte aujourd’hui ses fruits. Le lycée qui porte son nom accueille une large majorité de filles qui viennent apprendre la cuisine, la couture… Un nouveau BEP métiers de l’hyghiène de la propreté et de l’environnement a même été créé récemment. Ce diplôme est en quelque sorte la version moderne de ce que Johanna Vakié a elle-même créé. Et qu’elle a transmis en héritage.
|
Sur le même sujet |
|
|
 |
Dans la même rubrique |
|
|
 |
A la une |
|
|
 |
|