La première édition du Festival Tali Tnoot a ouvert ses portes, hier matin. Durant une semaine, les ateliers artistiques vont se succéder au centre culturel. Danses, chants, sculpture, vannerie… Le festival entend remettre à l’honneur la tradition, loin du folklore.
9 heures hier matin, le Centre culturel Goa ma Bwahrat se transforme en cour d’école. Le lieu habituellement calme s’anime de rires d’enfants, c’est parti pour une semaine de festival culturel et artistique. Coutume d’accueil, lever de drapeau, les vieux emmènent les enfants dans l’une des deux grandes cases centrales pour allumer le feu. « Ça fait trois fois qu’on vient en une semaine. C’est tellement rare d’avoir un centre comme ça dans le Pacifique qu’on en profite », se réjouit Lydie Maréchal, une touriste qui vient faire escale à la marina de Hienghène.
Installée sous une cabane de tôles, en plein milieu du centre, Philomène Vaidimoin, de la tribu de Tendo, prépare le repas pour les anciens. « Purement traditionnel », annonce-t-elle. Au menu : anguilles « pas comme en Europe, celles-là sont très grosses », taros d’eau, bananes et patates douces. Tous les jours de la semaine, les mamans de Tendo, Ouendjick, Koulnoué et Poindjap vont se relayer pour préparer leur spécialité et faire déguster les bons petits plats du coin.
« Aujourd’hui ce n’est plus pareil, les enfants ne veulent plus tresser »
Sous la cabane d’à côté, Angaie Vaiadîmoin tresse calmement un futur sac. « J’ai appris ça quand j’étais petite. À l’époque, il n’y avait pas d’autre jeu, alors on regardait les mémés et on faisait comme elle. Aujourd’hui ce n’est plus pareil, les enfants ont plein d’autres activités et ils ne veulent plus tresser. » C’est là que le festival prend toute sa valeur. En montrant aux plus jeunes coutumes et traditions. Pour les organisateurs, il s’agit aussi de montrer que l’art kanak peut exister au-delà de la coutume. « Sans pour autant la refuser », précise Gilbert Téin, le directeur du centre culturel. « Ce serait une façon de redonner toute leur liberté aux artistes. »
Des artistes qui vont pouvoir s’exprimer toute la semaine au sein du village artisanal du Centre Goa ma Bwarhat. Jeudi et vendredi, le festival fait la part belle aux danses et aux chants traditionnels. La semaine s’achèvera dimanche midi par la préparation du four et du plat en commun.
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