Rebelote. Faute d’entente , les quatres listes en course au premier tour repartent en selle pour le second. Paul Néaoutyine, maire sortant favori, était la cible de discussions.
Le grand tableau de bois pointé dans la salle du conseil aura juste besoin d’un coup d’éponge, histoire d’évacuer les chiffres. Les noms eux peuvent rester. Dimanche, les quatre listes dans la bataille du premier tour, repartent tambour battant, avec la même composition, sous les mêmes couleurs.
Rebelote, après la surprise. Gratifié d’entrée de près de 75 % des voix en 2001, Paul Néaoutyine n’a engrangé qu’un peu plus de 42 % des bulletins cette fois. Même si, il y a sept ans, une seule équipe lui faisait face, le maire sortant reconnaît là quelques approximations : « Nous n’avons pas fait une campagne soutenue, j’étais beaucoup à la province Nord. »
Son absence de la commune a d’ailleurs été pointée du doigt ces derniers temps, « Je m’occupais du projet d’usine. Et puis on a prévu de mettre en place une cellule communication au sein de la mairie. »
Sorti des urnes toutefois largement en tête, le leader de l’équipe FLNKS, « confiant pour dimanche prochain », compte sur une remobilisation de l’électorat - 65 % au premier tour - ainsi que sur les suffrages donnés ce week-end au Parti travailliste, « il nous a mangé 338 voix. »
Rebelote, pourtant les chiffres méritaient réflexions. Sur la balance, les suffrages de Robert Ihage, candidat de « Une commune pour tous-UMP » (16,36 %), additionnés au score de Francis Poadouy et son équipe « Poindimié pour tous » (26,32 %), se calaient pile au niveau des gains FLNKS.
« Nous n’avons pas fait une campagne soutenue, j’étais beaucoup à la province »
Alors discussions sur un projet d’alliance il y a eu, lundi soir et hier matin. Un échange même « sincère et amical, mais sans concrétisation », note Francis Poadouy. Car voilà, selon le maire de 1977 à 1989, « deux logiques s’affrontent. Nous, on ne roule que pour la commune. Eux regardent les grandes instances politiques. Pas d’accord. »
L’angle politico-politique avait d’ailleurs été égratigné par Paul Néaoutyine, potentiellement la proie de cette entente entre « l’UMP et l’Avenir ensemble » selon ses propres termes, « si l’accord-cadre s’impose. Alors que nous, nous avons travaillé à visage découvert. »
Le débat n’est pas là, d’après Francis Poadouy, écartant l’étiquette du parti : « Il y a chez nous des gens du Palika, FULK... nous avons une liste d’ouverture. » De son côté, Robert Ihage restait muet sur les échanges...
Afin de renforcer sa position tout en effaçant un adversaire, le camp FLNKS aurait pu lui aussi, pourquoi pas, songer à un mariage électoral. Avec qui ? La liste « Une commune pour tous-UMP » ou « Poindimié pour tous »... difficile : les refus du passé sont épais. Le Parti travailliste ? Hasardeux, le tout nouveau mouvement n’étant pas observé d’un bon oeil. « Il est contre l’Accord de Nouméa » juge Paul Néaoutyine. Faux, lui répond le ténor local et candidat Edwin Hiotua : « Nous dénonçons sa non-application. » Dans l’élan, beaucoup voient, ici comme ailleurs, la volonté du Parti travailliste de « s’affirmer » seul sur le terrain, en vue des élections provinciales de 2009 mais également de convaincre dans l’optique de l’activité syndicale au sein de la future usine du Nord. Ni une ni deux, les quatre listes retroussent les manches, sans crêpages de chignon mais sans douceur, non plus. Et pour cause. Les quelque 1 200 voix des abstentionnistes de dimanche dernier, sont convoitées. Un joli gâteau. L’opération séduction a démarré dans chaque rue, chaque tribu.
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