Volontaire, courageux, Louis n’a pas hésité à passer outre les critiques pour devenir guide touristique. Il exerce son activité à la tribu de Oua Tom qui voit débarquer régulièrement des touristes. Une ouverture dont Louis est ravi. Il gagne sa vie toute en transmettant son savoir sur la culture mélanésienne.
Il travaillait à la mine et avait un emploi plutôt bien rémunéré. Mais il fallait partir chaque dimanche soir, loin de sa famille, loin des décisions de sa tribu et surtout loin de son paradis. Louis Careba a décidé de tout lâcher. « Lorsque j’ai appris que la province Sud proposait des formations pour devenir guide, je n’ai pas hésité », raconte-t-il. Beaucoup de travail, et quelques semaines plus tard, le voilà muni de son diplôme. À 23 ans, il allait pouvoir changer de vie.
Chaque jour, à n’importe quelle heure, et quelque soit le nombre de personnes, Louis accueille des touristes en mal de découverte, à Oua Tom. Un large sourire en guise de bonjour et, pas à pas, il divulgue d’un ton reposant les secrets que recèle sa tribu.
Être guide lorsqu’on est mélanésien et qu’on habite dans la chaîne relève presque du parcours du combattant. Louis a dû parfois faire abstraction des critiques, « moi, ce que je voulais c’était développer ma tribu, mais tout le monde ne le comprenait pas. Heureusement mon grand-père m’a soutenu et toujours conseillé de laisser parler », raconte-t-il. Effectivement, amener des touristes dans ce petit coin de paradis n’était pas vu d’un bon œil. De la jalousie, parfois, mais surtout de la méconnaissance : « J’ai eu la chance de voyager, une partie de ma famille est guadeloupéenne et j’ai vécu deux ans là-bas. Puis, je suis allé en Nouvelle-Zélande. J’ai donc pris l’habitude de communiquer avec des gens de cultures différentes. » Ce qui n’est pas le cas des autres habitants de Oua Tom.
Voir débarquer un minibus avec une vingtaine de Japonais est presque devenu normal
Heureusement, Louis n’a jamais baissé les bras, au contraire, il a dynamisé l’activité. Sa belle-mère a ouvert une table d’hôte avec un bougna, paraît-il succulent. Un camping avec de petits sanitaires permet de rester quelques jours sur place. Puis, il n’a pas hésité à ajouter des cordes à son arc. Aujourd’hui, non seulement il est guide pédestre, mais il peut également proposer des randos à cheval, en VTT ou en canoë. Et finalement, après dix ans d’activité, voir débarquer un minibus avec une vingtaine de Japonais est presque devenu normal pour les habitants de Oua Tom.
« Les parcours sont à la carte et varient d’un groupe à l’autre. La visite peut durer une heure comme trois heures, et c’est tous les jours, il suffit de m’appeler et je suis prêt. »
Prêt à faire découvrir la case qui jadis faisait office de tribunal, prêt à raconter comment, dans le monde mélanésien, on calcule l’âge des vivants et des morts. « À chaque naissance, on plante un cocotier si c’est une fille et un pin si c’est un garçon. À leur mort, ils seront coupés et on plantera de la Cordyline à petites feuilles pour les hommes et à grosses feuilles pour les filles. Ainsi, on connaît le temps qui s’est écoulé. »
Anecdotes, histoires, Louis connaît aussi les plantes et leurs vertus. Toutes ces connaissances, il les tient de son oncle et caresse l’espoir de les apprendre à son fils. Actuellement, il écrit un livre, car au-delà de l’aspect économique que présente son activité, Louis souhaite aussi être le guide de la transmission. Il veut que sa culture soit et reste.
Une visite guidée avec Louis : C’est tous les jours et quand on veut. Tarif : 1 000 francs par personne. Tél : 41 12 86.
Table d’hôte Chez Marie-Georgette : 44 38 17. (Réservation 48 heures à l’avance).
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