L’enjeu est majeur face aux perspectives de développement de la région : la nappe alluviale de Pouembout est véritablement méconnue. L’utilisation de la ressource en eau s’avère pourtant intensive. Des actions à tous les niveaux doivent être entreprises.
L’histoire pourrait commencer par un paradoxe. Alors que les pluies incessantes cette saison agacent sérieusement particuliers et agriculteurs, la nappe alluviale de Pouembout a fait l’objet d’un état des lieux dont la conclusion générale est claire : « Il faut développer les connaissances pour mieux protéger et diversifier la ressource en eau. » Et, selon les agents de la Davar (Direction des affaires vétérinaires, alimentaires et rurales), auteur des recherches, le temps ne doit pas être aujourd’hui gaspillé : la zone Voh-Koné-Pouembout se développe, sous la forte impulsion du projet de l’usine du Nord. Outre le besoin agricole, l’usage AEP (Alimentation en eau potable) va sensiblement augmenter.
L’acquis est-il déjà correct ? Un suivi qualitatif de la rivière Pouembout et de sa nappe alluviale a tout d’abord été mené. Sous terre, ont été observées de « fortes teneurs en manganèse et en fer, à surveiller », notent les scientifiques de la Davar. À contrôler également, des éléments tels le phosphore, issus de rejets urbains et agricoles, ou encore de l’assainissement insuffisant. En revanche, « pas de pollution chronique par les pesticides. »
Bref, apparaît ,après analyses, « une dégradation de la qualité de la rivière de l’amont vers l’aval. Qualité de l’eau ponctuellement inapte à satisfaire certains usages. » Néanmoins, pour les experts, ce « bilan n’est pas inquiétant ».
L’ennui est ailleurs, dans le volume. « C’est là totalement flou », explique un hydrogéologue. La réserve dite régulatrice de la nappe serait estimée entre 68 000 et 680 000 m3. Embêtant en effet de jongler avec un facteur dix. « Si on ne chiffre pas bien la ressource, ajoute le spécialiste, on aura très vite de mauvaises surprises. »
« Les exploitants ne se soucient pas de la réglementation en vigueur »
Surtout que la visibilité sur le pompage n’est pas garantie. D’après le rapport de la Davar, 79 % des prélèvements superficiels se font sans autorisation délivrée par la province Nord, dans le bassin-versant des rivières Pouembout et Nindia. Et 81 % des captages sont en activité. Chiffre encore, 69 % de ces dispositifs, en nombre, sont tournés vers l’irrigation agricole. Bref, « les exploitants ne se soucient pas de la réglementation en vigueur sur les autorisations de prélèvement d’eau, assurément méconnue ».
Et l’utilisation intensive de la ressource sale l’addition. La capacité de pompage sur la rivière Pouembout est évaluée, d’après l’enquête de l’institution, à 10 105 m3/jour, soit 117 litres/seconde. Or les débits d’étiage sont de l’ordre de 10 195 m3/jour, soit 118 litres/seconde pour une période de retour de cinq ans. Conclusion, « si toutes les motopompes présentes (sur le cours d’eau de Pouembout) fonctionnaient simultanément, elles consommeraient la quasi-totalité du débit de la rivière ». Ennuyeux.
Très clairement, les questions liées à la ressource en eau « deviendront les enjeux majeurs de demain. » Restent à trouver rapidement des programmes sur le bassin versant de la Pouembout et de la Nindia afin de « pérenniser les activités et poursuivre le développement ».
Les communes de Koné et de Pouembout ont une urgence. Pêle-mêle, « améliorer la connaissance », « économiser et préserver l’eau », ou encore « respecter les périmètres de protection… ».
Le nouveau Sivom (Syndicat intercommunal à vocations multiples) devra s’assurer de la ressource.
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