Depuis le mois de mars, Robert Frouin a quitté son fauteuil de maire. Comme l’avaient souligné ses adversaires au moment de la passation de pouvoir, il « fait partie de ceux qui, toutes ethnies confondues, ont mouillé leur chemise pour construire notre belle commune. Son engagement permanent en tant que maire lui vaut un profond respect. » Retour sur une vie tout en mouvement.
Robert Frouin est né le 8 mai 1933, à Nouméa. Il est le onzième et dernier enfant d’une famille nombreuse. Il effectue sa scolarité à Koumac, à Paagoumène et à Nouméa. Nanti d’un BEP menuiserie, il est embauché dans un atelier moderne à Nouméa.
Sa première activité, c’est la mine.
En effet, lors d’un congé à Koumac, en 1953, Georges Montagnat, le Boss, l’embauche à Malabou pour assurer le transport de pièces de bois destinées à l’aménagement des tunnels de Tiébaghi, pour effectuer des travaux de scierie et pour aménager un nouveau campement à Bélep. Ce sont ses premiers pas à la mine.
Il épouse, le 1er février 1958, Jeanne Pacilly, et travaille à Koumac sur la station d’élevage lancée par sa femme. En parallèle, il continue son activité à la mine. Il alterne entre emploi à son propre compte et emploi dans le groupe Lafleur. Enfin, il rachète une affaire de chargement pour opérer à Téoudié et exploite la concession Michel 37 appartenant à la SMT du Groupe Ballande jusqu’en 2001, date à laquelle il est obligé de fermer.
Parallèlement à cette activité minière, comme tous les habitants de Koumac le savent, Robert Frouin mène une carrière politique, passion qui lui vient de son père Émile. Il était secrétaire de mairie à l’époque, et véritable maire de Koumac. « Je me suis toujours intéressé à la politique mais sans ambition particulière… »
« Je me suis toujours intéressé à la politique mais sans ambition particulière… »
En 1984, il adhère au RPCR. Et il y est resté durant une quinzaine d’années. Il fut tour à tour conseiller territorial, membre de l’Assemblée territoriale, conseiller régional Nord (1985), conseiller régional Ouest (1988) et enfin conseiller provincial (1989). Il le quitte en 1995 et met sur pied « Développer ensemble pour construire l’avenir ». Il est élu avec
Delin Wema à la province. « J’ai la Brousse dans la peau. Pour moi, créer ce parti, c’était défendre cette Brousse. » Au bout de deux ans, le mandat n’a pu arriver à son terme, en raison de divergences. À la suite de nouvelles élections, Robert Frouin n’est pas réélu, « victime d’une politique de dénigrement, affirme-t-il. Il fallait bien travailler avec les Mélanésiens pour faire avancer la province. Et du coup, on m’a beaucoup reproché d’avoir une tendance pour l’indépendance, c’est absolument faux. Je suis un patriote né. »
Mais Robert Frouin a surtout été le maire de Koumac, l’homme qui durant 19 ans a tenu les rênes de cette mairie qu’il aime tant. « Quand la mairie a brûlé, j’ai eu un gros choc. Cette mairie avait été construite à l’époque de mon père, en 1951. Depuis, elle avait subi des agrandissements… Avant sa destruction. »
Et c’est dans ce fauteuil qu’il s’est toujours senti bien. « Nous avons chacun notre histoire. Moi, j’ai la mienne. Je pense avoir rendu les services que j’ai pu. On ne peut pas toujours donner satisfaction à tous. Il existe parfois des choses impossibles. Mais j’ai toujours été à l’écoute des gens. Et chaque fois que j’ai pu sortir quelqu’un d’affaire, je l’ai fait. »
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