Dans le cadre des Assises de l’eau, un débat était organisé, hier, à la salle polyvalente de Pouembout sur les ressources en eau de la zone VKP et sur le développement du réseau d’alimentation en eau potable. Edifiant.
3,5 milliards de francs pour le réseau d’alimentation en eau potable et 1,5 milliard pour le traitement des déchets. C’est la somme qu’il faudra débourser pour développer le réseau d’AEP de la zone Voh, Koné, Pouembout dans les trois prochaines années. « Face à cet investissement colossal, il était indispensable de se regrouper dans un Sivom intercommunal, a rappelé Roby Courtot, le maire de Pouembout et président du Sivom de VKP, en ouverture des assises de l’eau « décentralisées » organisées à Pouembout. Au travers de cette structure, nous serons très vigilants sur la pérennité de la ressource en eau sur la zone. » A VKP plus qu’ailleurs, usine du Nord et développement obligent, le problème de l’eau va se poser de manière cruciale à très court terme. Les élus, comme les spécialistes, en sont conscients. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Aujourd’hui, la zone compte 9 000 habitants répartis dans 24 zones d’agglomération, 34 points de prélèvements d’eau, 40 réservoirs, 400 km de réseau AEP, 14 km de réseaux d’assainissement et sept dispositifs de traitement d’eau. Demain, ils seront 17 000 personnes au bas mot à vivre sur la zone. Autant dire que les ressources, comme les réseaux d’ailleurs, s’avéreront largement insuffisants. Alors, bien sûr, il faut rénover et développer l’existant. Et là, un des intervenants l’a souligné, « tout repose sur les collectivités », que ce soit au niveau du choix des équipements qu’au niveau des résultats.
« Chacun doit avoir un comportement citoyen »
Les communes de VKP ont, semble-t-il fait le bon choix, en unissant leurs forces puisque, selon Lionel Guillemenot, un intervenant de la SAEML VKP, « la mutualisation des moyens et le recours à la défiscalisation entraînent une baisse de près de 40% des frais de fonctionnement ». Une mutualisation qui englobera, c’est en tout cas la volonté du maire de Pouembout, la commune de Poya. « On ne peut pas s’attaquer à un tel chantier et laisser sur le bord du chemin une commune située à cinquante kilomètres de là. » Reste à faire passer la pilule auprès des administrés. Car qui dit développement des réseaux, dit facture plus élevée. « Le coût de l’eau est plus psychologique qu’économique, a précisé à ce sujet, Jacques Sicard, responsable d’une agence de l’eau en métropole. Car dans l’inconscient collectif, l’eau est quelque chose de naturel, qui appartient à tous et qui doit être disponible gratuitement. Il faut faire comprendre aux gens que s’ils veulent que l’eau arrive à leur robinet, ils doivent mettre un peu la main à la poche. » Cette prise de conscience passe nécessairement par un changement de comportement, aussi bien en termes d’utilisation qu’en termes d’économie durable car, c’est démontré, ce sont ceux qui ne payent pas l’eau qui en consomment le plus. « Chacun peut, à son niveau et individuellement, récupérer l’eau de pluie, a ainsi insisté M. Brésil, un des représentants du CES. Il faut aussi avoir un comportement citoyen et ne pas gaspiller l’eau qui sort du robinet ou du tuyau d’arrosage. »
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