Une nouvelle initiative a débuté, hier après-midi, sur un mur de Robinson : un atelier de fresque murale destiné aux jeunes du quartier.
Une tortue jaune sur un mur, ça se voit de loin. Pour la croiser, il suffit de traverser le parc de Robinson jusqu’au mur qui longe un des terrains de sport proche de l’école Louis-Henri-Galinié.
D’ordinaire, il fait le bonheur des graffitis et autres signatures. Mais il vient d’être en partie repeint par les services techniques et sert cette fois de support à un projet piloté par la DSAI (Direction des services d’animation et d’insertion) : un atelier de fresque proposé gratuitement à une douzaine de jeunes, âgés de 13 à 16 ans.
Particularité de cette nouvelle initiative : elle n’a pas lieu dans le cadre des chantiers d’insertion que le Sip (Service d’insertion et de prévention) mène tout au long de l’année auprès de jeunes habitants ciblés. Mais elle s’inscrit bien dans le programme que la ville s’est fixé cette année en matière de développement social urbain (lire ci-contre).
Hier après-midi, un groupe a donc commencé à s’exprimer sur le fameux mur. Mais pour ces débuts, les participants débordaient du cadre des 13-16 ans. Comme ce trio de cousines enthousiastes : Anaïs, 10 ans, s’est inscrite « parce que c’est le mur de l’école ». Océane, 10 ans et demi, trouve que, décidément, « c’est pas joli les tags ». « Les autres venaient marquer le mur avec la bombe », renchérit Fiona, 11 ans.
« Cet atelier rentre vraiment dans le programme d’animation de quartier qui est porté cette année »
Plus loin, « Slash » (le prénom a été modifié à sa demande) écrit un « Robins » en larges lettres. « On m’a proposé de venir pour encadrer, expliquait le jeune homme de 18 ans. Je connais le dessin, les tags, les graffitis. J’ai accepté pour aider, comme il y a mes petites nièces qui font partie du truc. C’est bien, ça donne des idées à tous les petits du quartier pour s’exprimer, pour sortir un peu de la maison. » Seul bémol, d’après lui : « Ça ne va pas durer jusqu’à samedi, ce qu’on est en train de faire. Il y en a qui vont venir écrire dessus. »
Tout avait commencé par une prise de contact, la semaine dernière. Stéphanie Wamytan, qui appartient à l’équipe de coordination du centre culturel, encadre le chantier au niveau artistique. Elle a donné aux volontaires un plan du mur pour qu’ils émettent des suggestions.
La jeune artiste a ensuite mélangé les idées pour y puiser un projet en jaune, rouge et noir, qui mêle fond végétal, tortue et symbole du quartier. « Ça va être travaillé comme à Yahoué, où des choses apparaissent avec la couleur », explique-t-elle, en évoquant cette autre fresque réalisée au coin du magasin Maëva.
« Cet atelier rentre vraiment dans le programme d’animation de quartier qui est porté cette année, souligne Rose Lallut, directrice adjointe de la DSAI. Là, ça démarre sur Robinson, parce qu’on profite du forum qui aura lieu samedi [au même endroit] pour réaliser cette fresque. »
L’idée sous-jacente étant d’amener les jeunes peintres à ce forum, au tournoi organisé en parallèle, à l’animation Plum plage proposée durant les vacances, ou encore à une exposition proposée pour la Journée de l’environnement. « Qu’on leur offre un calendrier. Qu’on les voie sur les quartiers, mais qu’on puisse aussi les désenclaver, les amener à plus de mobilité. Beaucoup de choses sont mises en place, mais ils ne vont pas chercher l’information. »
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