| Les parents inquiets face à la violence des jeunes |
Mardi soir avait lieu une rencontre entre parents et intervenants professionnels autour du thème de la violence des jeunes. Le constat est là : les parents se sentent démunis face à leurs propres enfants.
Il est des sujets qui pèsent sur la conscience mais dont il est difficile de parler, tant les occasions sont rares et le tabou présent. La violence chez les jeunes, que tout le monde sent grimper dans les quartiers nouméens, est de ceux-là.
Deuxième édition de l’année, la rencontre-débat « Parents et vous ? » tournait justement autour de ce thème, à la maison de quartier de Magenta-Soleil. Assis en cercle, seize anonymes et intervenants professionnels (psychologues et assistante sociale) ont passé environ deux heures à évoquer le sujet, entre témoignages et conseils.
« L’adolescent qui cherche ses marques, qui est mal à l’aise avec son corps, peut avoir besoin de montrer sa puissance, de marquer son territoire », a indiqué Cécile Peter, psychologue de la DPass, après avoir rassuré l’assistance sur le fait qu’« on a tous en nous une part normale de violence ».
« Comment il faut leur parler, se comporter avec eux ? Y a-t-il des paroles pour désamorcer la violence ? », interroge une maman. Nommer ce que ressent l’adolescent et éviter l’escalade de la violence et donc les bagarres en famille, voilà ce que peuvent répondre les professionnels, sachant que « chaque situation est différente ».
« La solution, elle est dans nos maisons. Il faut avoir confiance en nous, parents. »
Il a ensuite été question de l’alcool, de la différence entre culture océanienne et vie urbaine, de l’impact que peut avoir la télévision sur les adolescents (« la société entière est violente »). Un père de famille estime que « la violence des jeunes vient déjà de ce qui se passe à la maison. Quand on parle des problèmes au boulot, les enfants enregistrent. » Les psys acquiescent : même un bébé, en voyant ses parents se disputer, peut ensuite reproduire ce schéma-là.
Et le débat de se déplacer naturellement sur la thématique de l’éducation. La punition peut-elle être utile ? Là, la discussion s’installe vraiment. Chaque parent désire savoir « ce qu’il faut faire ». Le gronder ? Laisser faire ? L’« astiquer » ? Évidemment, il n’y a pas une réponse type. « Pour l’ado, c’est compliqué, parce qu’il a envie de transgresser les interdits. » Mais les intervenants insistent sur une chose : « C’est le dialogue qui importe. »
Une habitante de Ouémo, maman d’un enfant de sept ans, est inquiète et désemparée. « Comment peut-on faire ? Y’a pas des cours pour être parents ? » La question fait sourire mais ce type de rencontre peut justement donner des pistes sur la démarche à suivre. « La solution, intervient un habitant des tours de Magenta, elle est dans nos maisons. Il faut avoir confiance en nous, parents. »
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