| Salles obscures, DVD et téléchargement en concurrence |
La réglementation locale visant à protéger les salles de cinéma de la concurrence féroce du DVD peine à s’imposer d’autant qu’un phénomène récent prend de l’ampleur : le téléchargement.
Cleaner avec Samuel L. Jackson, Diary of the dead… A peine sortis en France, voire même pas encore, certaines productions américaines sont déja annoncées en location en Nouvelle-Calédonie.
Quand sont apparus les premières cassettes vidéo puis les disques DVD, tout le monde était déjà persuadé qu’ils allaient sonner le glas de l’exploitation des films en salle. À tel point que, pour retarder l’échéance et tenter de sauver la profession d’exploitant de cinéma, des réglementations ont été mises en place pour établir un décalage de plusieurs mois entre la sortie en salle d’un film et sa vente ou location en DVD.
Ainsi, selon la loi votée par le Congrès en 2003, un film ne peut être vendu ou loué qu’à l’expiration d’un délai de six mois après sa première sortie mondiale ou six mois après la date de délivrance de son visa d’exploitation par le Centre national de la cinématographie (CNC). Le texte de la délibération et la liste des films protégés peuvent être consultés sur le site www.dae.gouv.nc. Ils se trouvent dans la page d’accueil, au deuxième paragraphe de la rubrique Actualités.
Jusqu’à une date récente, cette réglementation fonctionnait tant bien que mal. Même si, comme le signale Nicole Pehau, chef du service de la consommation et des professions réglementées de la DAE : « Il existe, au niveau mondial, différentes zones d’exploitation des films en salle. Comme ces zones ne respectent pas le même rythme de distribution, il arrive qu’un film américain, par exemple, arrive à Nouméa plus de six mois après sa sortie mondiale. Rien ne s’oppose alors à sa vente ou à sa location en DVD, en toute légalité, avant sa projection en salle ».
« Les grands cinémas populaires ont cédé la place aux multiplex et aux DVD qui risquent de disparaître au profit du téléchargement »
Puis le développement de l’Internet à gros débit et du téléchargement a mis à mal ce fragile équilibre. Comme l’explique un vendeur dans un magasin de Nouméa : « Rien n’est plus facile que de télécharger un film payant en toute légalité. On peut même, lors d’un voyage en Métropole ou à l’étranger, graver des DVD vierges ou remplir de films un ordinateur portable ou un disque dur externe. Il y a bien un risque de se faire prendre au passage de la douane mais il est faible, car autant rechercher une aiguille dans une botte de foin. Tout autant que les salles de cinéma, nous sommes victimes du téléchargement ».
Pessimiste, Bob Hickson, co-gérant du Ciné-City, déclarait déjà, il y a deux ans : « De la même manière que les grands cinémas populaires et les drive-in ont cédé la place aux multiplex et aux DVD, ces derniers risquent, à terme, de disparaître au profit du téléchargement. »
Pourtant, sortir en ville avec les copains pour se payer une toile sur grand écran, c’est autre chose que de visionner un film sur petit écran chez soi. Mais ce n’est pas le même prix, non plus…
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