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  Nouvelle-Calédonie > Mer - 22/05/2008    
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Une réserve marine à l’étude à Port Bouquet
La baie de Port Bouquet fait actuellement l’objet d’une étude à la demande des tribus riveraines. Elles verraient d’un bon œil le classement de certains endroits en réserve naturelle afin de mieux préserver leurs ressources.

Même en cet endroit isolé, les anciens constatent une réduction des espèces pêchées. Donatien Tonhouéri, de la tribu du Petit Borendy, porte-parole du clan de la mer, aimerait bien voir protéger certaines zones où se reproduisent les tortues à écailles, les tortues vertes et les îlots où les oiseaux de mer se reproduisent.
« On est tous à vivre de la pêche, à l’exception de quelques-uns qui vivent du nickel », explique-t-il.
« Mais il est sûr que si on continue de pêcher intensément, il n’y aura plus rien pour nos enfants et nos petits- enfants. On a pourtant des courants qui amènent des choses de loin. On trouve même un bois bugny, venu de l’île des Pins, qui a poussé sur l’île d’en face. C’est toujours riche mais avant, quand j’étais petit, mon papa sortait des tortues, des vaches marines directement devant la plage mais maintenant il n’y a plus rien. Il faut aller pêcher plus loin ». Souvenirs et nostalgie...
L’adjoint au chef du Service de la mer de la province Sud, Emmanuel Coutures, entend bien ce discours. « Il n’y a pas de réserve marine à Thio et la baie de Port Bouquet ne fait pas partie de la liste des parties du lagon à inscrire au patrimoine de l’Unesco », regrette-t-il.
Il a découvert, en décembre, cet endroit féerique qui surgit au bout d’une  trentaine de kilomètres de piste au sud-est de Thio.
Avant, il y avait un bac que les automobilistes tractaient à la main. Un pont l’a remplacé.
La piste a été coaltarée. Les communications sont devenues plus aisées et la société de consommation a remplacé la quasi-autarcie dans laquelle vivaient les populations.

« Si on continue de pêcher intensément, il n’y aura plus rien pour nos enfants et nos petits-enfants »


Petit Borendy reste cependant toujours isolé. Les gens viennent par bateau vendre leur poisson « à l’amorce » de la route. Il y a deux points de débarquement en fonction des marées.
Les pêcheurs y ont rendez-vous certains jours avec les colporteurs. De familiale ou clanique, la pêche est devenue professionnelle.
Emmanuel Coutures, donc, était passé une première fois, en décembre, avec un acheteur de produits de la mer. Il a vu dans quelle mesure, les pêcheurs pourraient se déclarer en tant que professionnels afin de développer des projets tout en protégeant l’environnement.
Il a eu plusieurs réunions avec la population, notamment avec celle de Port Bouquet qui lui a signé une demande d’assistance technique pour mettre en œuvre une réserve dans la baie de Port Bouquet.
Les habitants pensent à une zone bien délimitée, qu’ils peuvent surveiller alors qu’avec les tribus de Saint-Jean-Baptiste, Borendy et Petit Borendy, les aires géographiques ne sont pas bien définies tout comme les zones de pêche, le vivier étant commun.
« Leurs pêches étant entremêlées, il reste à définir une zone aussi nette pour eux qu’à Port Bouquet », résume Emmanuel Coutures. « Il y a une volonté coutumière. On est prêts à les aider avec nos outils scientifiques mais c’est à eux de décider. Ce sera aussi à eux d’effectuer les contrôles. Dès qu’ils seront d’accord, nous délimiterons une zone officielle et déterminerons avec eux certaines interdictions comme, par exemple, la pêche sous-marine. Cette action sera accompagnée d’une sensibilisation à la protection des espèces animales marines tels que poissons, sternes, tortues etc. »
Le débat est donc bien avancé. Une réunion devrait regrouper aujourd’hui toutes les tribus concernées.

Deux pêcheurs de Petit Borendy accompagnés d’un scientifique du Service de la mer de la Province Sud devant l’îlot Ouémié.
La délégation du Service de la mer a visité deux îlots en compagnie des pêcheurs de Petit Borendy.


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