| L’ultimatum du clan Gomès
au tandem Martin-Leroux |
« Soit vous annulez le scrutin de samedi dernier, soit nous boycottons le prochain congrès et créons notre propre parti ». Voilà en substance l’ultimatum lancé par les proches de Philippe Gomès. L’Avenir ensemble est plus proche que jamais de l’implosion.
Samedi dernier, ils n’étaient que trente à avoir suivi un Philippe Gomès claquant la porte du conseil territorial de l’Avenir ensemble. Hier matin au Méridien à Nouméa, ils étaient une bonne soixantaine, élus provinciaux, territoriaux, municipaux, venus soutenir le président de la province Sud dans sa dénonciation « du putsch organisé sur le parti par le tandem Martin-Leroux ».
Ils ont posé cet ultimatum : si le vote de samedi dernier n’est pas annulé, les sympathisants de Philippe Gomès ne participeront pas au prochain congrès de l’Avenir ensemble. « Soit ils renoncent à leur tripatouillage, soit nous nous séparons et nous porterons nous-mêmes les valeurs et le projet politique au service du pays que nous avons engagé en 2004. Ce ne sera plus avec Harold et Didier, mais dans un autre cadre. Ça veut dire un autre parti s’il le faut » a prévenu Philippe Michel, deuxième vice-président de la province Sud.
À l’appui de cette menace, une pétition qui a reçu 105 signatures d’élus, de colistiers, ou d’adhérents de l’Avenir ensemble. Manière de montrer que « 80 % des élus territoriaux, provinciaux et municipaux sont avec nous ».
« 80 % des élus territoriaux, provinciaux et municipaux sont avec nous »
Mais la menace a peu de chances d’atteindre son but. D’abord parce qu’il est difficilement envisageable d’annuler un scrutin vis-à-vis de ceux qui y ont participé. À supposer que ce soit juridiquement possible. Et de toute façon, dans le camp de Philippe Gomès, on soupçonne les « adversaires » d’être d’ores et déjà prêts à faire liste séparée aux prochaines provinciales. « Avec six à huit sièges au Congrès et à la province Sud, Harold Martin pense pouvoir garder la présidence du gouvernement en échange de son soutien à une majorité constituée autour du Rassemblement à la province. »
Dans son discours samedi dernier, Didier Leroux a déclaré qu’à ses yeux, la ligne politique de l’Avenir ensemble avait été sanctionnée par l’électorat lors des dernières législatives. Parce que trop proche des indépendantistes et pas assez tricolore. Un point de vue partagé par Harold Martin. Virage vers le Rassemblement comme le suggérait cette banderole « l’Avenir ensemble n’est pas à vendre » ?
« Non, la politique sociale reste et restera une de nos grandes priorités, eh bien c’est la ligne de l’Avenir ensemble et non celle du Rassemblement que nous mettons ainsi en œuvre. Ne pas taper sur son voisin ne signifie pas qu’on se met à ses ordres » explique-t-on dans le camp Martin où l’on est tout aussi persuadé que c’est Philippe Gomès qui entend faire cavalier seul avec ses troupes.
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