Un chauffeur de Carsud a frôlé la mort, mardi soir, après le tir de plusieurs balles de gros calibre, à Païta. Quelques instants avant, au même endroit, un camion de la gendarmerie a été touché par un tir de chevrotine. Le même soir, à Rivière-Salée, un contrôleur de Karuïa a été visé à la tête par un projectile.
Les grilles du dépôt de Carsud étaient fermées, hier matin, à Normandie. Rien à voir avec un mouvement des grévistes de l’USTKE. Les motivations sont d’un autre ordre. L’entreprise de transports en commun a été blessée en son sein. Un de ses chauffeurs a été visé à la tête par un tir de balles de gros calibre alors qu’il roulait. La mort est passée à quelques centimètres, sans l’atteindre. Le moral, lui, a été sévèrement touché.
La scène s’est déroulée peu avant 19 heures, mardi, alors que le chauffeur rentrait de Tontouta, sans passager, en direction du dépôt de Normandie. La journée touchait à sa fin. Dehors, la nuit était tombée. Le conducteur arrivait à hauteur de la tribu de Bangou, à Païta, lorsqu’il a senti sa vitre exploser sous la pression d’un projectile.
L’employé « a d’abord cru à un caillassage », selon ses collègues, et a poursuivi son trajet normalement. C’est « une fois au dépôt », en constatant les trois impacts de balles sur le car, que le conducteur « a pris conscience qu’il avait frôlé la mort de très près ». De quelques centimètres, même, puisque l’un des projectiles a traversé l’appuie-tête de son fauteuil, avant de briser une vitre passagers, du côté droit.
Pour Daniel Talia, contrôleur-régulateur à Carsud, « il ne s’agit pas d’un tir pour faire peur mais d’un tir pour tuer ».
La mort est passée à quelques centimètres, sans l’atteindre
Par chance, aucun client ne se trouvait à bord du véhicule puisque celui-ci était en fin de service. Par chance aussi, ce chauffeur de Karuïa est réputé pour conduire le corps penché vers le volant, et non avec la tête collée contre le fauteuil.
A Carsud, on préfère penser à une agression gratuite qu’à une attaque personnelle contre le chauffeur. D’ailleurs, un autre élément d’importance penche plutôt pour la première version. Cinq minutes avant les faits, au même endroit, un camion de la gendarmerie a été lui aussi la cible de tirs. Le réservoir et le rétroviseur ont été touchés, mais pas les militaires.
Petite différence : les gendarmes ont essuyé des tirs de chevrotine, tandis que le chauffeur de bus a été visé avec des balles de gros calibre. Dans l’un des coussins du véhicule, une balle de type brenek a été retrouvée.
Reste à savoir qui a tiré, pour quels motifs et si le tireur était seul.
Du côté de la gendarmerie, aucune piste n’est écartée. Un ratissage de la zone a été effectué par les TIC (techniciens en identification criminelle), afin de retrouver d’éventuelles traces de pas, d’empreintes ou de munitions.
Après cette journée de solidarité envers leur collègue, les non-grévistes de l’entreprise ont annoncé une reprise du travail aujourd’hui. Mais pour ce qui est de la liaison jusqu’à Tontouta, certains laissent désormais entendre qu’« elle se fera sans (eux) ».
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