Christian Karembeu a été accueilli en véritable héros, hier, lors de l’escale de France 98 à Lifou. Pour les habitants de l’île, l’enfant du pays a réalisé leur rêve : voir les champions du monde ici, sur leur terre. Sa terre.
Le Brésil avait le roi Pelé. Lifou a désormais le prince Karembeu. Lui qui joue, d’ordinaire, les héros très discrets, il a été accueilli en véritable star, dès son arrivée à l’aérodrome de Wanaham. Même ceux qui l’ont bien connu disent ne plus oser l’approcher. « Avec Christian, d’habitude, on se parle comme ça. Mais là, par mesure de sécurité pour ses collègues, on va le regarder de loin », glisse Kalis, un habitant de la tribu de Wedrumel, où le champion a grandi.
Alors que l’avion s’apprête à se poser, on s’amuse à refaire son arbre généalogique. « Sa maman est de Lifou, de la tribu de Nang. Mais son papa est de Canala. Il était enseignant à Wedrumel. C’est pour ça que Christian a vécu en partie là-bas », indique Marcel, qui a enseigné et joué aux côtés du père de Karembeu. « C’était un grand joueur. Son fils a hérité de lui. » Et son voisin, de renchérir : « déjà, lors des matches interscolaires, on avait vu qu’il irait loin ».
Aujourd’hui, seule l’admiration se lit dans les yeux des habitants. Même les enfants qui n’ont pas connu la Coupe du monde 98 s’arrachent son autographe ou une poignée de main, à son passage à la grande chefferie de Nathalo. Certes, Zidane reste incontestablement le joueur le plus adulé. Même ici, à Lifou. Mais les absents ayant toujours tort, la vedette est revenue à la star du jubilé. Et à juste titre. Car à Lifou, on n’est pas près d’oublier le cadeau que Christian a offert à ses habitants. « Lors de la finale 98, vous aviez les pieds sur terre et nous, la tête dans les nuages, commente le représentant des coutumiers, debout dans la case de la grande chefferie. Votre venue, c’est la cerise sur le gâteau. Merci à Christian d’avoir organisé ce jubilé. »
« La venue des Champions du monde : c’est la cerise sur le gâteau »
Pour Karembeu, rien de plus normal. Cette escale sur sa terre natale était « primordiale ». « Je voulais faire visiter mon île à mes coéquipiers, leur apprendre nos coutumes. Mais aussi présenter à ma famille cette équipe avec laquelle j’ai vécu. »
La rencontre de deux mondes, aux allures de mariage. Sur la longue route qui mène jusqu’au buffet du Drehu Village, la population a sorti fleurs, feuilles et banderoles. « Bienvenue chez toi Christian », lit-on juste avant l’arrivée. Les panneaux de l’USTKE, postés à quelques pas de l’hôtel, sont presque anachroniques, tant l’atmosphère est à la fête.
En véritable marié, Christian va de table en table, sans prendre le temps de se poser. Pas trop à l’aise en chanteur improvisé, le champion retrouve le sourire en partageant le ballon, près de la plage, avec ses coéquipiers et de jeunes joueurs de l’île. Le flambeau est transmis. La foule est conquise. C’est à contrecœur, et sous la pression de la sécurité, qu’elle laissera repartir son héros.
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