Le match du jubilé de Christian Karembeu, disputé samedi soir dans un stade Numa-Daly plein, a avant tout été l’occasion de voir les champions du monde 98 s’amuser face à un Team Karembeu dépassé par l’événement.
Ils ont de beaux restes, ces champions du monde. Dix ans après avoir conquis la planète, la technique est là, innée. Il suffisait de les voir, dès le coup d’envoi, parfaitement positionnés à leurs postes, jouant la ligne avec facilité, pour comprendre qu’une classe d’écart séparait ces retraités dorés d’un Team Karembeu constitué de joueurs locaux et océaniens. Mais le principal n’était pas là, le spectacle primant sur l’enjeu.
Dès la deuxième minute, Zinedine Zidane enflammait le stade d’une frappe sur un centre de Youri Djorkaeff. Mais Gilles Tavergeux veillait au grain. La suite n’était qu’une succession d’occasions pour les Bleus et, logiquement, ils trouvaient la faille sur une balle récupérée par Christian Karembeu au milieu du terrain. Celui-ci servait Youri Djorkaeff qui donnait à Robert Pirès dans l’espace. Le duel face au gardien n’était qu’une formalité (1-0, 12e).
Christian Karembeu profitait d’un penalty accordé par l’arbitre de la rencontre pour tromper Bernard Lama.
Christian Karembeu s’illustrait dans la foulée en servant un Robert Pirès virevoltant pour le second but des Bleus et de l’attaquant de Villareal (2-0, 19e). Vaughn Covenhy tentait de répliquer mais la panthère noire Bernard Lama rappelait quel grand gardien il fut en remportant leur face-à-face. À la demi-heure de jeu, Pascal Vahirua, fêté mardi dernier à Tahiti, centrait pour la tête de l’inévitable Robert Pirès (3-0, 28e).
Coup du chapeau et coup de grâce pour le Team Karembeu qui n’était pas au bout de ses peines. Juste avant la pause, le trio magique de la tournée dans le Pacifique offrait une dernière émotion au public. Zinedine Zidane servait Robert Pirès qui centrait pour Youri Djorkaeff seul au point de penalty. Le « Snake » n’en demandait pas tant et ouvrait son compteur personnel (4-0, 44e).
La pause était sifflée sur des airs de samba avec les danseurs de la Banda Momo qui envahissaient le terrain. Pas le temps de danser pour les Bleus de 98. Ils revenaient sur la pelouse avec la ferme intention de faire aussi bien qu’en première période. Cinq minutes après la reprise, Zinedine Zidane trouvait la tête de Robert Pirès pour le quadruplé du seul Bleu présent encore en activité (5-0, 49e).
Trois minutes plus tard, Christian Karembeu quittait le terrain, remplacé par son grand frère spirituel, Antoine Kombouaré. Reverrait-on jamais le gamin de Canala sur la pelouse ? Le stade bruissait de la rumeur qu’il allait passer dans l’équipe adverse.
Entre deux olas, la rencontre se poursuivait avec un but de l’idole des foules, Zizou, sur une passe de Youri Djorkaeff (6-0, 57e). Ces deux-là peuvent décidément jouer ensemble, devait se répéter Aimé Jacquet sur son banc.
À vingt minutes du coup de sifflet final, Christian Karembeu faisait son retour sous les vivats de la foule, vêtu cette fois du maillot blanc du Team Karembeu. Finir sa carrière au sein d’une équipe océanienne… tout un symbole pour l’ambassadeur de la Confédération océanienne du football (OFC).
Mais les Bleus étaient décidément sans pitié pour leurs adversaires d’un soir. Trois minutes après le retour de l’enfant prodige, Zizou y allait de son doublé grâce à un but de la tête sur un centre d’Antoine Kombouaré (7-0, 73e).
Les blancs sauvaient enfin l’honneur sur un but de Victor Zéoula consécutif à une action confuse. Ni Franck Lebœuf ni Bernard Lama ne pouvaient empêcher celui qui avait accompagné le rêve français de Christian Karembeu de marquer (7-1, 76e). Cinq minutes plus tard, Robert Pirès y allait d’une louche imparable sur le pauvre Jean-Marc Ounémoa, abandonné par sa défense (8-1, 82e).
Fêter son jubilé sans inscrire de but aurait été une faute de goût et Christian Karembeu profitait d’un penalty généreusement accordé par Jim Wright, l’arbitre de la rencontre, pour tromper Bernard Lama. Le Calédonien devait se voir offrir deux tentatives face à un portier guyanais décidé à taquiner son ancien coéquipier jusqu’au bout. Le speaker du stade en oubliait d’annoncer le but (8-2, 88e).
Les dernières minutes étaient les plus belles pour Christian Karembeu et les Bleus de 98 qui profitaient ensemble de ces instants rares. Fred de Jong allait encore tirer sur le poteau mais la foule n’avait d’yeux que pour « son » Christian, qui lançait un tour d’honneur en compagnie des deux formations.
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