Dominique Jouve
« Les accords de Matignon jouent dans l’imaginaire calédonien comme une fondation, un point zéro de l’histoire, ou plus exactement comme une refondation. (...) La Nouvelle-Calédonie, après avoir connu la violence de la colonisation et de la pénitentiaire, puis celle des événements de 1984-1988, peut se reconstruire sur des bases entièrement nouvelles grâce à cet acte, quasi religieux, que sont les accords de Matignon. »
1997
Jean-Marie Tjibaou
« C’est une poignée de main lourde à gérer pour M. Lafleur comme pour moi-même. À la sortie des événements douloureux que notre pays a connus, il était difficile d’imaginer que l’on puisse un jour envisager de faire ensemble un bout de chemin, envisager un avenir commun. Ce geste a été critiqué, refusé de part et d’autre, mais pour beaucoup il constitue un espoir. Je pense qu’il est important pour l’avenir.
« La Calédonie, aujourd’hui, ne peut plus être ce qu’elle était il y a six mois. Il y a beaucoup de promesses, beaucoup d’espérances, et aussi beaucoup à construire. »
30 septembre 1988
Michel Rocard
« Je leur ai dit : nous sommes là pour le dernier rendez-vous utile. Il n’y en aura pas d’autre. Nous sortirons avec la paix ou la guerre.
« Cela a jeté un froid, chacune des deux délégations hésitant à prendre les risques de la paix. Il y a toujours une menace à reconnaître l’autre comme à admettre que l’on n’a pas pu le vaincre. Il faut lui concéder un territoire, des pouvoirs que l‘on espérait s’approprier. Cela est vrai des deux côtés. Mais je ne leur ai pas laissé le choix, et nous sommes donc entrés en négociation.
« Nous avons inventé un concept nouveau, celui de territoire fédéral. C’était une grande première, mais par prudence juridique et politique, je n’ai pas inscrit le mot dans le texte. »
2001
Jacques Lafleur
« Dans la presse, à la télévision, on parlait de l’immense succès de Michel Rocard. On disait qu’il était passé, en quelques heures, de la guerre à la paix parce qu’il était le champion du parler vrai et que sa grande sensibilité avait fait le reste.
« Ce n’était pas faux, mais ce n’était pas totalement vrai. Nous étions là et nous avons été, Jean-Marie Tjibaou et moi, ceux qui ont donné une âme à ces discussions. Il y eut pour en témoigner la photo de la fameuse poignée de main. »
L’assiégé - 2000
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