| Les grands chantiers sociaux |
Alors que les dix ans de l’accord de Matignon ont été essentiellement consacrés au rééquilibrage, en particulier des infrastructures publiques, la période de l’accord de Nouméa a permis à la Nouvelle-Calédonie de s’attaquer à de grands chantiers sociaux.

Quarante ans que l’on parle d’un nouvel hôpital à Koutio. Cette fois, c’est décidé. Trente milliards d’investissement pour une ouverture en 2012.
Si la réforme globale de la fiscalité reste à venir malgré un toilettage de l’impôt sur le revenu qui a soulagé les classes moyennes, si l’instauration de la TVA n’est plus d’actualité et si le dialogue social demeure chaotique, la Nouvelle-Calédonie a fait quelques percées dans le domaine social.
Comme l’accord de Nouméa le lui imposait, et au prix de quelques manifestations de fonctionnaires dans les rues de Nouméa, elle a d’abord réalisé, en 2002, l’unification de ses régimes d’assurance maladie. Un ballon d’oxygène pour la Cafat, complété par l’instauration de la taxe de solidarité sur les services (TSS, 4 % puis 5 %).
Toujours en matière de santé, elle a relancé le vieux projet de reconstruction de l’hôpital Gaston-Bourret, qui sera remplacé en 2012, pour une trentaine de milliards, par un médipôle implanté à Koutio. Sur 80 000 mètres carrés, cet outil moderne regroupera les services dispersés du CHT, mais également un centre de cancérologie, l’Institut Pasteur et un centre de soins de suite et de rééducation fonctionnelle. Les travaux devraient démarrer en 2009.
Création des allocations familiales de solidarité
Les chantiers sociaux de ces dernières années, sous l’impulsion de l’Avenir ensemble, ont également concerné la réforme du salaire minimum garanti (SMG). Celle-ci a touché 9 200 salariés, passés de 100 000 à 120 000 francs en trois ans, entre 2005 et 2007. Réforme qui tôt ou tard appellera une suite puisque, déjà, des syndicats évoquent un SMG à 150 000 francs.
Parallèlement, et c’est probablement la réforme sociale la plus emblématique, ont été créées les allocations familiales de solidarité, servies depuis mai 2005 à 11 000 enfants défavorisés exclus du régime général des allocations familiales (9 500 puis 11 220 francs par enfant, dépense financée par une taxation des entreprises réalisant plus de 200 millions de bénéfices). Vient enfin d’être votée, avec un financement garanti, la prise en charge du handicap.
La Nouvelle-Calédonie a par ailleurs instauré une aide au logement au bénéfice des familles à revenus modestes (830 millions pour 2 000 familles en 2008) et la province Sud a, de son côté, consenti un effort sans précédent en matière de logement social.
Parce qu’un toit décent est le premier rempart contre l’échec scolaire et la délinquance.
|
|